dimanche 6 avril 2008

Y NEIGE!!!!!!!!!!


Incroyable!!!!!!!!!!

Il y a moins d'une semaine, je dégoûtais tous les Québécois avec mes arbres en fleurs, les jonquilles et les tulipes...

Ce matin, à travers le tout petit trou de mon rideau, je voyais que le ciel était blanc...bon, une autre journée de pluie, ou du moins, nuageuse....

Guillaume était réveillé depuis une quinzaine de minutes, installé devant son ordinateur.... j'ouvre les yeux; c'est l'heure où la flamme olympique part de Wembley, à 15min d'ici, mais il fallait des billets pour assister à la mini-cérémonie du départ (elle fera le tour de Londres aujourd'hui). Zut, mauvais timing... tant pis.

J'ouvre les rideaux, ne m'attendant à rien...

PUIS, SURPRISE TOTALE; LE SOL, LES ARBRES, TOUT EST RECOUVERT D'AU MOINS 2 POUCES DE NEIGE!!!!!!!!!




Les enfants sont tous dehors ce matin, il y en a déjà 4 qui poussent une giga-boule de neige... bon ils ramassent presque toute la neige qu'il y a par terre dans la cour arrière, mais c'est pas grave...les pauvres, ils n'ont pas eu de neige de l'hiver... Alors ils ont bien le droit de faire un bonhomme digne de ce nom ;o)

Nous, on ira probablement se promener dans les bois, dans une petite heure... il continue de neiger, mais ce sont de minuscules flocons, il faut bien regarder pour les voir... mais tout de même, ils sont là...
Juste pour vous montrer le contraste, voilà quelques photos que j'ai prises cette semaine, pour vous montrer les arbres en fleurs dans mon quartier ;o)

Les deux photos du dessus sont juste à côté de chez moi, la première presqu'en face de notre appart (ce qui veut dire que je passe dessous avec émerveillement tous les jours), et la deuxième, la magnifique rangée d'arbres fushia, j'ai les narines qui frétillent allègrement pendant la minute exquise où je les longe.... bonheur olfactif assuré ;o)

Et ces trois-là, c'est au St. James Park, au bout duquel est le Buckingham Palace... je vous le montrerai davantage la prochaine fois ;o) (Et pour la dernière photo, on a fait le tour du plan d'eau juste pour lui, il était magnifique au soleil couchant... ET LÀ IL NEIGE!!!!!!! YOUPPI!!!!!)

samedi 5 avril 2008

Vendredi mouvementé (boulot, argumentations politiques & religieuses...et une B.A)

Vendredi était ma dernière journée de boulot avant ma semaine de vacances.

C'était la folie furieuse.

Nous organisons un événement à grand déploiement, le 20 avril, et rien n'est prêt. Depuis janvier qu'elles sont supposées s'en occuper, mais avec la boss constamment à l'hôpital pour ses traitements, une stagiaire qui vient de retourner avec joie en Allemagne, l'assistante de la boss qui essaie de tout faire en même temps mais qui a une certaine limite (ça m'étonnerait pas de la voir en burn-out avant mon départ), et moi qui est occupée à plein temps avec un projet tout à fait différent de celui du 20 avril...Eh ben ya rien de fait. Et oui, nous sommes le 5 avril. Tant pis pour elles? Naaa... tant pis pour moi et tout le monde, parce qu'on va en baver.

Je n'étais d'ailleurs pas supposée avoir "droit" à mes vacances avant cet événement, vu les préparatifs monstres. Mais puisque j'avais fait du bon travail pour l'inspection des dossiers de mon projet (ok, ok... je vais être réaliste; puisqu'elles ont maintenant peur que je m'en aille: ...), ma boss m'a donné ma semaine de congé... en échange (!?! ein? j'y ai droit à ces vacances, 20 jours par années, 20 jours!) que je vienne travailler les dimanches pour aider la pauvre assistante qui travaille 6 jours/semaine. Ben j'ai des petites nouvelles; je pars de l'Angleterre dans 2 mois, et d'ici là, je tiens à mes w-e. Déjà que le 20 avril c'est un dimanche, et que je devrai probablement aussi travaillé le samedi d'avant... donc, faites le calcul; 12 jours d'affilés. Pfff. Job miteuse. Marre marre marre.

Bref, journée de fou. Envoi postal; 1250 enveloppes, qu'il faut "remplir", affranchir avec les étiquettes d'adresses et les timbres. Nombre total de manipulations: Prendre l'enveloppe, mettre le formulaire (récalcitrant) dedans, faire le pli du rabat et coller l'enveloppe (vive les enveloppes auto-collantes, qui ont épargné ma langue), ça c'était l'étape 1. Ensuite, moi je fais ça différemment, en prétendant d'avoir la bonne méthode puisque celle qui prévaut dans la production en chaîne; je mets tous les timbres, puis toutes les étiquettes. Faut rester focusé. Finalement, j'oublie parfois des dizaines d'enveloppes à la fois dans mon processus. Pas gagnant...

J'avais de l'aide, mais j'avais surtout; autre chose à faire. On a une visite des inspecteurs la semaine prochaine, et d'habitude, je suis celle qui connaît tout des dossiers et peut répondre aux questions. Là ils devront faire sans moi. Petite punition pour notre consultant, qui est un vrai rapporte-panier lorsque vient le temps de dire à ma boss que je suis pas contente du travail, ou que Guillaume a des problèmes de visa (quels problèmes, humm mon cher? Yen a pas de problème, on FOUT LE CAMP, mais ça, j'étais pas pour te le dire). Il affrontera les inspecteurs tout seul, bon.

Mais entre-temps, fond de culpabilité et sens des responsabilités obligent, j'avais des tonnes de trucs que je voulais faire avant mon départ. Éviter les erreurs à tout pris. Quand les collèges envoient leur paperasse à la dernière minute, c'est difficile à gérer. Je peux passer 2 jours à ne psa savoir quoi faire de mes 10 petits doigts, et pouf tout d'un coup, c'est l'alerte générale, le branle-bas de combat...mais ça ne regarde que moi, alors ein, l'assistante, elle en a rien à foutre, et elle me lâche un coup de fil pour bien s'assurer que la petite nouvelle ne fait pas toutes les enveloppes toute seule; "T'avais bien planifié, n'est-ce pas, dans ton planning de la journée, que TOUTES LES ENVELOPPES doivent être envoyées ce soir?" (ben oui, mais ya 2 semaines, on a fait un envoi de 1000 enveloppes aux mêmes personnes, pourquoi ya personne qui a pensé à mettre ce formulaire dans l'envoi en même temps, ein?? et les frais d'envoi qui s'en trouvent doublés, et le papier, ein, mes forêts à moi, t'en a rien à foutre de mes forêts???)

Bref, j'avais la tête "grosse de même", alors quand le gars qui vient nous faire des livraisons de fourniture de bureau est venu, comme d'hab, avec sa giga-pile de boîtes (9 encore), et qu'il avait l'air pressé, et que je l'étais beaucoup dans ma tête aussi... alors quand il m'a demandé de signer au no. 1, et que j'ai vu que c'était pas le bon nom de compagnie, et que je lui ai dit, et qu'il m'a dit "c'est pas grave, signez au no. 1 quand même", et que j'ai trouvé ça bizarre, mais puisque je suis pas au courant de ce qu'on commande j'en savais rien...eh bien j'ai signé, et il est parti. Et après, je me suis faite tomber sur la tomate parce que c'était effectivement pas pour nous. Aaah et puis j'en ai quoi à foutre ein?!?!

J'en avais davantage à foutre quand, entre 4 choses que j'étais entrain de faire, j'ai voulu acheter par internet ma passe de transport mensuelle (à 135 pounds/mois). Ben oui, je fais ça au travail, mais faut bien que je rentre le soir, et j'ai pas envie de leur donner 2,50 livres sterling juste comme ça pour le plaisir. Chaque fois que je pesais sur le bouton "passez la transaction" ils me disaient toujours qu'une erreur avait eu lieu, et qu'il fallait que je recommence. J'ai recommencé 4 fois. Là-dessus, (seulement!) deux transactions sont passées. Je venais d'acheter 2 passes mensuelles, pour le mois d'avril, à 135 livres sterling (285$ environ) chaque. AAAAAAAAAH! Bordel. Mauvaise, mauvaise journée.

J'ai fait une heure d'overtime, juste pour être sûre que tout était en ordre dans mes papiers...avec Guillaume à mes côtés. Oui, chéri était venu me rejoindre au travail parce qu'on avait rendez-vous avec une ancienne collègue, Nasima, pour souper dans un resto Thaï avec ses copains.

Nous sommes allés dans une brasserie "extérieure", avec des tables à pique-nique partout dans la cour intérieure, une ambiance très jeune et presque familiale selon les tables. Nous avions des Britanniques à notre droite, des Espagnoles à notre gauche...sympathique. Une bonne grosse bouteille de Magners (cidre) plus tard, mon cerveau se débarrassait à grands coups de pelle des détails chiants du travail.

Puisqu'il nous restait du temps, nous avons marché sur la rue Bricklane, quartier indien mais aussi très jeune et multiculturel, c'est fou ce qu'un beau coucher de soleil peut faire sur les quartiers les plus moches...*hahahaha* Nous sommes entrés dans un café/bar au décor ecclectique, mélange d'indien/perse avec ses tissus plein de petits bouts de miroir, de gigantesques et moelleuses causeuses, un oiseau empaillé, une photo du boxeur M. Ali, Stallone, une tapisserie en macramé..... La serveuse (qui avait l'air un peu gelée) avait un très léger accent, j'ai suivi mon instinct et je lui ai demandé si elle parlait français; c'était une Française, wouppi! Je vous dis j'ai l'oreille pour ça (quoique la plupart des Français parlant anglais me laissent la tâche plutôt facile!!).

Nasima est venue nous chercher au pub avec la fourgonette d'un ami. Nous nous asseoyons sur la banquette du milieu; Farhad, à peine assis, se met à nous hurler dans les oreilles "Hey guys, you studied History, right??? I LOVE HISTORY SO MUCH GUYS, THIS IS SO NICE, WE HAVE TO TALK ABOUT THAT!!!" Nasima me glisse en douce; "il a bu chez-moi, il a un peu trop abusé sur le vodka-jus d'orange". Ah...oui je vois... non en fait...J'entends. Il me casse les oreilles, c'est assez pénible. Et pendant qu'il tente de maintenir (infructueusement) une conversation logique et structurée avec nous, il hurle à son ami-conducteur le chemin à prendre. On sent que ce sera pénible.

Arrivés au resto, relativement chic (avec un trio jouant du jazz dans le fond de la salle, humm agréable), Farhad s'asseoit devant Guillaume au bout de la table, moi à la gauche de Guillaume... zut, on va être pris avec lui toute la soirée... aaaarg. Il continue d'hurler sans s'en rendre compte, tout le monde lui dit de baisser le ton mais il n'en a rien à foutre... Il me redemande pour la 4e fois ce que j'ai étudié (les reines de France, man, c'est-tu si dur que ça à se rappeler?!? t'écoutais pas, dans l'auto?!!). Le sujet de Guillaume, il s'en rappelait. Il adore l'histoire des États-Unis et de la France, alors les 2 ensemble, Guillaume ne pouvait même pas placer un mot tellement le gars était emballé par son sujet de maîtrise (c'est fou ça, le gars est passionné par la spécialité de Guillaume, mais le laisse pas faire une phrase complète... aaaaaarg l'alcool!!!!).

Farhad mélangeait critique historique (j'aime beaucoup parler d'histoire avec les gens, mais dès qu'ils se mettent à parler à travers leur chapeau, ça m'irrite au plus haut point. Et pourtant, je pense que je suis une rare minorité de diplômés en Histoire qui, plutôt que de monologuer sur leur sujet d'expertise, vont avoir l'humilité de reconnaître qu'il y en a tant à savoir, que je ne sais presque rien... alors quand on prétend devant moi faire l'analyse de circonstances historiques sur un sujet X d'il y a 400 ans, souvent, je ronge mon frein) et discours...attention... anti-démocratique. Selon lui (d'accord, pour la précision, il est musul..., mais semble avoir grandi en Angleterre), le régime démocratique est plein de failles, et (si j'ai bien suivi son argumentation baignée d'alcool) brime le droit à la liberté d'expression (!?!?!). Il disait que c'était une erreur que de tenter d'imposer le même régime politique à tous les pays du monde, parce que certains n'en étaient pas au même point dans l'évolution. Je tentais d'amener mon point, qui est que tout de même, selon moi, la démocratie est l'ultime étape, la dernière, mais je n'avais pas le droit, moi non plus, à ma minute de droit de parole (dur d'argumenter avec une personne ivre, à noter!).

Ça devenait lourd, alors j'ai commencé à parler avec son ami Don, en face de moi. Lui aussi était contre la démocratie. Je recommence ma tentative d'argumentation; toujours le même problème, j'écoute un monologue sans avoir la permission d'y ajouter mon grain de sel. Ça commence à m'énerver. Je me désintéresse, et je tente d'avoir une conversation avec les filles, mais on est enterrés par les 2 gars. Guillaume profite d'une seconde où Farhad est aux toilettes pour parler avec Don, qui lui semblait plus ouvert à la discussion (ouais mon oeil).

C'est quand il a mentionné la chari*a, pour ensuite en faire l'éloge, que j'ai décroché. J'ai bien tenté de me répéter mentalement que, dans le fond, je ne connaissais presque rien à cette loi, ce mode de justice. Qu'au Canada on s'était insurgé contre la tentative d'avoir une cour de justice parallèle à Toronto qui aurait le droit d'appliquer la chari*a. Que j'étais donc par définition, toute aussi subjective que lui. Mais j'en étais bien incapable. Alors je me suis complètement fermée à la discussion. C'est pas bien, dans le fond. Guillaume avait la bonne façon d'utiliser cette discussion; tenter d'en apprendre davantage, de comprendre. Moi, quand on parle de lois et de cultures qui répriment les femmes, il n'y a rien qui va me faire comprendre, rien qui me fera pencher vers un compromis, vers un "je comprends ton point de vue". Non, je comprends pas, et je ne veux pas comprendre. Je suis contre, point.

Alors, pour ne plus entendre ce que je considérais comme des conneries, je me suis tournée vers Nasima et je lui ai fait part de mon malaise. Je lui ai dit qu'au Canada, on était contre la chari*a, on s'y était opposé, que je considérais que c'était sexiste et que les décisions lésaient les femmes. Elle m'a dit qu'elle, et la plupart des femmes musulm*anes, n'avaient rien contre la charia. Que comme n'importe quoi, il y avait des extrémistes, minoritaires, mais que la majorité était modérée et s'en satisfaisait. Elle m'a aussi dit, un verre de vin à la main, qu'elle se sentait mal à l'aise de me parler de ça en buvant de l'alcool (évidemment, les musulm*ans ne sont pas supposés boire de l'alcool... je constate qu'ils respectent peu cette restriction), mais qu'une fois sobre, elle me ferait part de sa vision des choses. Ça m'a un peu rassurer. J'aimerais avoir l'opinion d'une femme musulm*ane. Elle semble assez (beaucoup) modérée, pas de voile, elle boit, elle fume, je ne sais pas si elle fait le ram*dam, mais je sais qu'elle fête les deux fêtes importantes de l'année musulm*ane (c'est comme s'ils avaient 2 Noël, les petits chanceux!).

On devait sortir ensuite, mais il était trop tard pour nous, il fallait rentrer.

Une fois rendue sur la fameuse pente à l'approche de notre appart (j'aime faire semblant qu'elle est inhumaine, mais bon... avec de l'entraînement, on la sent presque plus *hum*), il y avait une jeune maman qui poussait, faiblement, une poussette avec sa petite fille de 3-4 ans dedans. Elle semblait avoir toute la misère du monde à pousser, et pourtant, elle était au tout début de la pente. Je lui ai demandé si elle avait besoin d'aide. Allons, il est 11h30, elle semble épuisée, j'ai encore de l'énergie, j'offre mon aide.

Elle avait l'air tellement heureuse. Évidemment, Guillaume a insisté pour pousser la poussette (il a son honneur!). Pendant ce temps, la jeune femme nous remerciait sans cesse. Mon "détecteur d'accent" se met à bipper. Je pose ma question habituelle: Do you speak french? Ah ha, je l'avais encore!!!! Elle était Congolaise, et avait fait ses études universitaires en Belgique. Elle semblait aussi bien contente de parler en français, et n'avait pas le petit air déçu de la Française du bar plus tôt, quand on lui a dit qu'on était Québécois (je suppose qu'elle espérait des compatriotes!). Une fois rendus à destination, la Congolaise nous a remercié une autre dizaine de fois, et nous a dit 3 fois "Que Dieu vous bénisse".

À la fin d'une dure journée, juste avant d'aller dormir... nous avons tous les deux trouvé ça étonnament bienfaisant... Étonnant comme une personne, en nous parlant d'une entité de plus en plus ignorée et négligée, peut nous mettre un petit velours... C'est une formulation que nous utilisons très peu au Québec...en fait, pas du tout. Les anglophones disent "Bless you" quand on éternue... alors que nous disons un très laïque "À vos souhaits", comme je fais un souhait quand il est 11:11, quand je lève les pieds en passant en voiture au-dessus d'un chemin de fer (je sais c'est bizarre), quand je souffle mes chandelles sur mon gâteau d'anniversaire... Mais que Dieu me bénisse, ouais, ça n'arrive pas souvent. Et quand c'est en remerciement d'une bonne action...

Bon, on peut y croire, on peut ne pas y croire. Mais c'est tout de même l'expression d'une belle gratitude, et d'un souhait sincère que quelque chose de bien nous arrive, de la part d'une inconnue totale... Ça a fait du bien.

(désolée pour les *, je reçois beaucoup de commentaires sp*am sur ce message en particulier, je me suis dit que c'était peut-être à cause des mots-clés que j'ai utilisé pour rédiger mon billet...)

vendredi 4 avril 2008

Filature


C’est la deuxième fois ce matin qu’il me fait le coup. Cette fois-ci, il a surgit d’entre deux voitures, alors que la dernière fois, il semblait attendre « quelque chose » sur le banc qui borde le trottoir.

Nos regards se sont croisés. Je ne l’ai pas vraiment reconnu, mais à la façon qu’il a eu de me fixer, je savais que c’était lui, puisqu’il m’avait reconnu. Plutôt qu’un regard « qui balaie », lorsque l’on croise le regard de quelqu’un dans la rue, et qu’une fraction de seconde plus tard on veut poser ailleurs, il m’a fixé quelques secondes de plus. Je me suis dit « ça y est, c’est encore lui ». Je l’ai dépassé. Je fais des grandes enjambées, je pensais le devancer suffisamment pour avoir la paix. Il y avait des gens devant et derrière moi, à quelques mètres, ça aurait du suffire à me rassurer. Mais je l’entendais, quelques pas derrière moi. De manière un peu puérile, un peu naïve, j’ai sorti mon canif que j’ai miraculeusement retrouvé ce matin (depuis 2 semaines je le cherchais!)…il était dans ma poche de manteau où il est toujours. Triple nouille. J’ai ouvert la ridicule lame de 2 pouces, et je l’ai remise dans ma poche. Évidemment, je me suis piqué avec, et dans l’état de nervosité où j’étais, ça m’a fait sursauté. Puis, des pas de course. Mais qu’est-ce qu’il me veut?!?! J’ai bifurqué dans le stationnement devant un logement, mon chemin habituel, celui qui mène au raccourci (celui d’où est sorti un gars qui venait de se faire poignarder, du moins à ses dires, vous vous souvenez?). Il a dépassé le stationnement, mais je l’ai vu accélérer le pas, et je me suis dit; merde, il prend le chemin perpendiculaire, quelques mètres plus loin, celui qui est bordé d’une haute haie. Ce qui veut dire qu’une fois que j’aurai longé le derrière du bâtiment, il me prendra par surprise lorsque je serai obligée de passer à travers le chemin étroit qui s’est fait un trou dans les buissons. L’embuscade parfaite.

Tout aussi puérilement, je remonte la fermeture éclair de mon gros manteau duveteux. S’il m’attend avec une lame, peut-être que mon manteau amortira le coup.

J’avais encore les mains occupées sur ma fermeture éclair, et donc les mains hors des poches, et donc le canif hors de portée, lorsque je l’ai vu. Il m’avait pris d’avance, je ne m’attendais pas à le voir là. Il se tenait, appuyé, sur le mur de brique du bâtiment que je longeais. J’ai sursauté, mais je n’ai pas voulu montrer ma peur. Tout en continuant de marcher, j’ai lancé, en mettant le plus d’assurance possible dans ma voix; « Why are you following me?!?! »

Il a répondu quelque chose qui ressemblait à « Ago, Ago ». Tout aussi incompréhensible que la première fois qu’il m’avait suivi, et qu’il m’avait crié quelque chose d’inaudible… mais cette première fois, il s’était tenu pas mal plus loin. Il semble prendre de l’assurance à chaque fois, et fait de moins en moins d’efforts pour se cacher.

Je l’ai dépassé. J’ai continué ma route, comme quelqu’un qui ne s’inquiète pas outre mesure. Mais j’ai passé mon temps à me retourner. Et jusqu’au bout du raccourci, je le voyais de loin, qui me gardait à l’œil. Je n’ai été rassurée que lorsque j’ai été rejointe par d’autres qui sortaient du stationnement/cour à scrap où je m’étais aventurée.

Maintenant, je me demande réellement si je vais continuer à prendre ce raccourci…

La question ne se poserait pas, s’il était grand, fort et semblait dangereux.

Mais il n’a pas plus de 11 ou 12 ans.

Eh oui, ce n’est qu’un enfant. Est-ce Londres qui me rend parano à ce point-là? Est-ce la criminalité des jeunes ici qui m’épouvante, et plus particulièrement (désolée mais c’est la réalité) des jeunes noirs? Toujours est-il que je me sens plutôt ridicule d’avoir peur d’un enfant… Évidemment, je suis très bonne pour me faire 10 000 scénarios dans ma tête. Pour moi, il y a trois possibilités;

1. Il est dangereux et n’attend que le bon moment pour me sauter dessus avec un couteau, possiblement pour commettre son premier crime et s’en vanter à ses petits copains (je sais, dit comme ça, ça parait encore plus ridicule).

2. Il a un complice plus âgé qui l’attend dans le raccourci, et au moment opportun, quand le chemin sera complètement libre, il lui fera signe et ils me sauteront dessus à deux.

3. Il sait que c’est un coin dangereux (et effectivement ce l’est à la nuit tombée, en tout cas selon mon propre avis… mais à 8h du matin, il me semblait que c’était « too early for crime »), et puisqu’il sait, lorsqu’on se croise au début de mon chemin, que j’emprunterai ce fameux raccourci semé de dangers, il tient à me suivre et à s’assurer que s’il arrive quelque chose, il pourra intervenir ou aller chercher des secours (ce qui expliquerait pourquoi la dernière fois, il m’a crié quelque chose lorsque j’étais rendue à l’amas de déchets et de gros containers qui est effectivement une bonne planque, du moins dans le noir).

Il y a aussi une quatrième option, que je trouve totalement ridicule (oui, plus que les 3 autres!), et c’est l’idée de Guillaume; le petit aurait un « kick » sur moi (béguin), et il me suivrait pour cette raison, toute innocente et enfantine d’un premier amour visuel et à distance.

N’importe quoi.

Maintenant, je n’espère qu’une chose; croiser le petit morveux alors que je suis avec Guillaume (qui m’accompagne environ un matin par semaine, lorsqu’il commence tôt), et lui demander, dans le blanc des yeux, « C’est quoi ton problème?!?! ».

Néanmoins, s’il est réellement là pour surveiller le passage et s’assurer que j’arrive à bon port au bout du raccourci, ça pourrait être relativement rassurant (tout le contraire d’en ce moment…) et même plutôt galant…

Ah, moi et ma parano!

Jukebox matinal


Le jukebox, c'est mon cerveau.


Et il m'harcèle de ses "hits" TOUS les matins.


Est-ce une vengeance de sa part, pour avoir été réveillé avant la fin de son cycle complet (comme une laveuse, genre?)?


Ou est-ce un procédé douteux de la section "musicale" du cerveau pour réveiller le reste de la gang qui dort encore?


Toujours est-il que chaque matin, le réveil sonne à 6h46. Je snooze. Re-sonne à 6h49. Re-snooze. 6h52. 6h55. Ta gu**** le bip-bip. 6h58. 7h01. Veux dormiiirrrr. 7h04. 7h08. 7h11. 7h14. Merde il commence à etre temps. Encore un tout ptit peu, pitié!! 7h18. 7h22. Aaaah merde je vais etre en retard!!!!


Je vous dis pas les grognements de mécontentement que me lance Guillaume certains matins. Lui qui peut dormir au moins une heure de plus que moi, si c'est pas 2... Parfois il dort comme une roche, il entend rien. D'autres, il faut le saut et tente de me pousser hors du lit. Tentatives toujours infructueuses, puisque dans ces temps-là je m'accroche encore plus à lui...ou à mes draps. J'suis pas si mal pour grogner et m'enfoncer dans le matelas, moi aussi, bon.


Quand, entre 7h08 (quand je suis remplie de motivation) et 7h22 (mes mauvais matins), je finis par m'asseoir sur mon lit, c'est immanquable. Si ça ne vient pas là, ce sera 30 secondes plus tard, dans la douche. Im-man-qua-ble. Ça part, comme si le cerveau n'attendait que ça pour peser sur "PLAY".


Est-ce que je suis la seule qui a un cerveau qui lui joue des petites mélodies absolument irritantes chaque matin?!?! C'est à ce demander ce que j'aurais fait il y a 300 ans, avec un registre beaucoup plus restreint de chansons...je serais probablement devenue folle.


Voici un extrait du "Hit Parade" de mon cerveau ces derniers temps:


- Ce matin: "If I had a million dollars" (...je resterais couchée)


- Hier matin: "Thème du générique", de l'émission de mon enfance "Les Cités d'Or" (évidemment, il faut que mon cerveau commence à l'endroit le plus puissant et agressant de la chanson, i.e. "AAAAAAAAAAAAAh-aaaa-aaaa-aaa-aaaa, Esteban-Zia, TAO LES CITÉS D'OR"). grrrr.


- Mercredi matin: "She bangs", Ricky Martin


- Lundi matin: (mardi était congé, dans ces temps-là j'ai parfois un break): "She didn't do it", du film Chicago.


Et quelques uns qui reviennent très souvent depuis au moins 2 mois;


- "Start Me Up", Rolling Stones


- "Wake me up (before you go)" , George Michael


- "Heroes", David Bowie


- "(Rock the) Casbah", The Clash (que je déteste maintenant à force de l'avoir dans la tete)


- "La Marseillaise", hymne national français, interprété par Edith Piaf (et plus particulièrement le couplet: "Aux armes, Citoyens! Formez vos bataillons! Marchons, marchons, Qu'un sang impur Abreuve nos sillons." (ça, c'est quand je marche d'un pas rapide vers le métro)


D'ailleurs, pour ceux qui ne sont pas familiers avec l'hymne national très patriotique et sanglant des Français, je vous mets le premier couplet (puis retourner lire celui que j'ai dans la tete pour faire une suite logique): "Allons enfants de la Patrie! Le jour de gloire est arrivé. Contre nous de la tyrannie L'étendard sanglant est levé! (bis) Entendez-vous dans les campagnes Mugir ces féroces soldats! Ils viennent jusque dans vos bras Egorger vos fils, vos compagnes!"


Avez-vous remarqué que presque toutes les chansons veulent dire, quelque part dans leurs paroles, "Réveille-toi/moi"? Mon cerveau ne choisit jamais de chansons douces ou mélodramatiques...Il faut que je me réveille? Ça va rocker.


C'est comme si mon cerveau cherchait toujours "LA" chanson de circonstance... notez aussi qu'en revenant de travailler le dimanche soir, j'ai presque toujours "A Hard Day's Night" des Beatles, plus particulièrement "It's been a hard day's night, and I've been working like a dog" (immédiatement suivi par le reste des paroles, je sais que ça vient plus tard mais mon cerveau fait ce qu'il veut;) When I'm home everything seems to be right When I'm home feeling your holding me tight, tight, yeah". Bonjour l'auto-apitoiement!!! Semble que j'aime avoir pitié de moi-meme... *hahaha*



Allez, rassurez-moi, je suis pas la seule à avoir le cerveau musical sans répit, ein???

mercredi 26 mars 2008

Incongruités anglaises...

Ça m'étonne toujours de voir, par jour de pluie, le nombre de personnes qui sont sorties sans parapluie le matin même. Certains ont un capuchon à leur veste, ce qui les protège un peu...mais les autres? Ont-ils développé une résistance capilaire aux gouttes d'eau? Sinon, comment se fait-il que dans le pays le plus réputé pour ses nuages et ses averses, soit peuplé d'habitants qui omettent de se munir d'un parapluie lorsqu'ils quittent la maison?


Pour une raison que je m'explique mal, lorsqu'il pleut, le trottoir se couvre de bulles d'eau. Chaque goutte crée sa petite bulle d'eau... est-ce la saleté? est-ce le matériel utilisé pour faire les trottoirs, différent du nôtre?


Sur la porte vitrée du Poulet Frit Kentucky près de mon travail, il y a une affiche collante, transparente, représentant un chapeau melon, un monocle et une grosse moustache, le tout assemblé en "visage anonyme", et l'affiche dit "No Posh Allowed".... hummm... est-ce vraiment une interdiction, ou est-ce une façon de se faire croire que quelqu'un de chic, ou simplement quelqu'un de sain d'esprit (désolée, le PFK me répugne, surtout depuis que quelqu'un que je connais s'est retrouvé avec un "bouchon" dans l'estomac qui a necessité un lavement, et ce, immédiatement après un souper chez PFK), voudrait réellement manger là??


Pour revenir aux trottoirs, comment se fait-il qu'il y ait constamment, et partout, des travaux de réfection des trottoirs (ce sont de grosses dalles de ciment collées les unes sur les autres), mais qu'il n'y en ait jamais sur leurs rues? Quand est-ce qu'ils vont se mettre à faire de beaux trottoirs droits (et non des dalles qui se soulèvent et contre lesquelles je me bute TOUS LES JOURS) d'aussi bonne qualité que leur asphalte dans les rues, hummm??


Sur le chemin du retour à la maison, de mon bureau jusqu'au métro, je croise 5 "tendeurs de journaux gratuits"... et même avec un journal dans les mains, ils continuent de me bloquer le chemin avec leur journal.... je me demande s'ils sont payés au journal donné, ou s'ils ne sont autorisés à partir que lorsqu'ils ont tout écoulé?


Pourquoi, en pleine heure de pointe, fin mars, alors qu'il fait 10C dehors, faut-il que les trains soient encore chauffés à BLANC? Des chauffrettes sous chaque banc (gare à tous ceux qui auraient un lunch à garder au froid dans leur sac), des gens en sueur et complètement tassés dans tous les recoins, et Tania, lorsqu'elle a fini par se trouver un bout de banc pour poser ses fesses, se met à avoir des hauts-le-coeur alors qu'elle n'a jamais eu le mal du transport....*grrr*


Fiers de leur différence, de leur unicité, de leur originalité, et probablement plus encore d'avoir résisté si longtemps à la généralisation de la conduite à droite, les Anglais se plaisent à mettre leur volant à droite, et à conduire sur la voie de gauche. Après 6 mois dans ce pays, je n'arrive toujours pas à ne pas être saisie d'une incroyable surprise (la berlue) lorsque je vois un enfant de 7 ans, ou une dame confortablement couchée sur son banc, ou un homme regardant les passants, sur le siège que j'appelle celui "du côté conducteur". Mais bien pire encore, je suis sûre que j'aurais été écrapoutie maintes fois déjà si, pour garder leur chère unicité, les Anglais ne dépensaient pas des millions de livres sterling en cols bleus qui doivent, à chaque, chaque, chaque coin de rue, peindre le bitume d'un giga LOOK LEFT ou d'un tout aussi poétique LOOK RIGHT. Hey merci, ouf, vous m'avez sauvé la vie! Ah ça, pas moyen de le manquer ein.... mais pourquoi ils s'acharnent, ça, c'est une autre histoire...


Les Anglais ont des clubs qui ferment à 5h du matin. Ils ont aussi beaucoup trop de pubs qui sortent leurs clients...à 23h. Un jeudi soir! Et même, parfois à minuit un vendredi soir.... c'est pas un peu tôt pour sa dernière bière, ça? Un resto, je comprendrais, mais un pub? Paraît qu'avant c'était l'heure de fermeture obligatoire.... mais maintenant qu'ils peuvent fermer à l'heure qu'ils veulent (ou même pas du tout!), pourquoi perdre de l'argent en foutant les clients dehors?


Tout près de mon travail, sur Brick Lane, dans le quartier privilégié des Indiens (cette précision n'a aucun rapport avec la suite de mon commentaire), ils ont installé de nouveaux "pads", disons "coussins" autour des poteaux et lampadaires. Pourquoi? Parce qu'il paraît que les Anglais sont tellement twits lorsqu'ils écrivent des "textos" (SMS) à leur connaissance (on sait combien un message de 5 lignes ne peut attendre), qu'il y a eu l'an dernier plus de 40 000 blessures reliées aux gens qui se cognaient contre les poteaux parce qu'ils regardaient leur téléphone cellulaire plutôt que devant eux. Et combien se sont fait écraser, ein??? Tant qu'à infantiliser autant les gens (et quelle belle façon de couvrir ces nouveaux coussins de publicité envahissante, ah je vous jure, c'est beau!!! (grrr)), aussi bien mettre des barrières devant les traverses piétonnières...hey, qui sait combien de gens préfèrent chercher la lettre "n" sur leur touche "6" (2e lettre, 2e lettre!) plutôt que de s'assurer qu'ils rentreront à la maison en un morceau!!!???


Pourquoi, pourquoi faut-il payer pour visiter les églises ici??!?!!?!! Pas un petit 2-3 euros comme j'ai vu parfois en Europe, de très rares fois (habituellement il y avait une mini-expo symbolique pour motiver les frais d'entrée), non non, à l'abbaye de Westminster et la cathédrale St. Paul's, les deux plus belles églises (les seules qui valent la visite?) de Londres, il faut payer 9 LIVRES STERLING pour entrer!!!!! La seule façon d'y aller gratuitement, c'est de s'y présenter pendant les services.... Maintenant; est-ce une tactique de prêtres orgueilleux d'avoir toujours une église toujours bondée pendant qu'ils disent la messe? Ou juste une façon de financer des églises qui se videraient sinon? Si Notre-Dame-de-Paris chargeait un prix d'entrée, je serais insultée. Et que dire du fait que les musées londoniens sont, EUX, gratuits? (Bon d'accord... la culture générale gratuite est probablement à favoriser par rapport au "site-seeing" d'églises....mais quand même!! un lieu de culte payant?!?)

Comment se fait-il que les Anglais, réputés les plus "polis"(?) du monde (ou presque...vous savez ce que je veux dire... sont tellement swell), éparpillant les "thanks mate", "indeed", "siiiiir", deviennent d'aussi grosses brutes pathétiques lorsqu'ils ont un verre dans le nez? Ça vomit dans les coins, ça parle fort, ça vient te jaser quand t'as rien demandé, tout en tanguant d'un côté et de l'autre, ou bien ça t'insulte (un ivrogne a tenté cet après-midi de donné une leçon de politesse à Guillaume dans un pub en lui criant après... Guillaume très insulté ;o))


Les fameux autobus à 2 étages, symbole anglais par excellence. Dites donc, ils ont jamais pensé aux dangers que représentait la descente d'un bus 2 étages en marche??? En fait, l'escalier fait face à l'arrière du bus. Très "à pic", les escaliers. Lorsque vient votre arrêt, vite vite, il faut descendre: vous commencez votre descente en tenant "moyennement" la rampe... le chauffeur freine, ce qui vous fait un peu pencher vers l'arrière... PUIS L'ÉLAN DU FREINAGE VOUS PROPULSE VERS L'AVANT, VOTRE AVANT. Vous savez, le petit élan qui, lorsque vous êtes confortablement assis dans un siège, vous fait vous décoller ooooou juste un ptit peu de votre siège, puis vous ramène bien callé dans votre banc?? EH BEN EN DESCENDANT UN ESCALIER, C'EST PAS GAGNANT. En fait, dans mon cas très personnel où descendre un escalier, quel qu'il soit, s'avère une aventure remplie de dangers, c'est vraiment, vraiment pas une bonne idée. Si je n'avais pas fermement tenu la rampe, les quelques fois où l'idée nous prit de profiter de la vue du 2e, j'aurais été projetée sur les autres "usagers" assis en bas de l'escalier, et ce, sans toucher aux 5-6 marches restantes. Sorry, mate. Tu m'en veux pas, ein, mate?


Connaissez-vous un autre endroit, vous, où les tenanciers de pubs tiennent tellement à leur originialité, qu'il y en a un d'assez fou et bizarre pour appeler le sien.... Dirty Dicks???? (cette dernière incongruité se passera de commentaires superflus)


samedi 22 mars 2008

C'est le printemps, c'est l'hiver!!!!!

Hier le soleil brillait, ce qu'on n'avait pas vu depuis presque 2 semaines.

Nous nous sommes empressés de sortir, et d'aller nous promener dans Hyde Park, chose que je n'avais pu faire à ma fête vu la météo merdique (pluie et vents violents).

Arrivée là-bas, il faisait tellement beau... il y avait un petit arbuste en fleurs, c'était magnifique, le voici;

Puis nous nous sommes assis quelques minutes sur un banc de parc, que je termine le chapitre de mon livre (le personnage principal du livre venait de mourir comme je sortais du métro!!! arg ça je déteste!!). Guillaume comprend très bien ce genre de truc, alors on s'est arrêtés...et il a continué de lire son Cicéron...brrrr. Pas du tout mon genre de lecture..... ce qu'il est intello! (!!!) *hahahaa* Moi lire de la philosophie dans mes temps libres....du moins, ce n'est pas encore pour moi!!

Petit arrêt devant les jolies plates-bandes sur le bord des fontaines (avec le vent, on était constamment arrosés, c'était pas chaud chaud, j'vous le dis!)



Puis...il s'est mis à pleuvoir. Zut. Moi, j'ai mon capuchon sur mon manteau d'hiver, mais Guillaume n'avait rien à se mettre sur la tête. On pense à sortir du parc... puis... après quelques minutes...ça s'arrête. Quelques minutes encore, et le beau temps est revenu! Depuis deux jours que c'est comme ça, on ne prend rien pour acquis! Alors on s'est dirigé vers la Serpentine, le lac artificiel de Hyde Park, qui sert de mare à patauger à de nombreuses espèces d'oiseaux... (les pauvres, ils n'ont nulle part ailleurs où aller de toute façon!!) Guillaume avait pris soin d'amener de vieilles tranches de pain, évidemment, question de les appâter (et de risquer de se faire pincer un doigt, *hum*)


En chemin, nous avons croisé une talle de jonquilles comme je les aime, fournie à souhait,




Nous nous sommes dirigés vers le sentier qui fait le tour de la Serpentine, là où les chiens gambadent, les oiseaux se battent pour les bouts de pain que des dizaines de personnes veulent leur jeter (voir ici la compétition entre Guillaume et l'homme qui nous suivait de quelques pas...celui-ci ayant un gros sac qui faisait plus de bruit...après nous avoir volé notre écureuil, il nous a volé le seul cygne des environs!!!!)
Sur les abords de la Serpentine, il y a des jonquilles partout. Les gens font du patin à roues non-alignées (je suppose qu'ils se targuent d'être old fashion), promènent leurs chiens fous, perdent leur chien (!), nourrissent les écureuils (il y a une véritable colonie!!), observent les oiseaux (Guillaume et moi avons vu plusieurs perroquets l'automne dernier, je vous jure, de gros oiseaux verts avec un panache et une longue queue!!), et.... Ils font aussi de l'équitation.

Oui, les gens amènent leurs chevaux jusqu'à Hyde Park, et se promènent sur les chemins réservés à leur attention. Tout ça, bordé d'explosion de jonquilles. Rien n'est trop beau pour la haute société...*hum* ;o)



Là, en suivant les traces de sabot, je pensais à mon père, et je me disais... ouais, il aime bien dans la forêt, mais il aimerait sûrement aussi faire la promenade sur les chemins sablés de Hyde Park, accompagné à sa gauche par des jonquilles, et à sa droite par un joli cours d'eau...et sa nouvelle Pandora à montrer ;o)

Puis nous avons contourné le cours d'eau par la droite (au bout, vous voyez? derrière le petit café à la toiture blanche), et soudainement, caché derrière des clôtures qui protègent la végétation...je me suis cru dans un livre de Martine.


Un mélange entre "Martine à la campagne" et "Martine à Londres"....*hahahah* C'était tout simplement magnifique.... Des jonquilles qui semblent pousser à l'état sauvage, un peu partout, et qui se multiplient pour le plaisir de nos yeux..... génial!

Puis...il s'est remis à pleuvoir, évidemment! Alors nous avons cherché le Harrod's, qui est tout près. Et nous nous sommes perdus dans les départements de luxe; luxe vestimentaire, luxe joallier, luxe accessoire, luxe alimentaire .... (arrrrr j'en bave juste d'y penser; fromagerie, charcuterie, traiteur, fruits de mer, sushis, bar à huître, boulangerie, chocolaterie..........). J'ai vu là-bas le plus gros chocolat de Pâques que je verrai de toute ma vie, je crois; ou du moins le plus cher: 1800 livres sterling. Le lapin était plus grand que moi, plus large, et avec un panier dans le dos qui faisait 2 fois sa largeur. Malgré la proportion de riches clients qui se trouvaient dans le magasin, à 3 jours du dimanche de Pâques, je doute que ce giga-Jeannot Lapin trouve preneur...bah, ça ne devrait pas trop les déranger de le fondre....en attendant, ils auront "flasher" avec leur gros lapin de plusieurs dizaines de kilos!

Nous devions retrouver ma collègue de travail Nasima et sa cousine pour le cinéma en soirée...finalement, nous nous sommes contenter de souper dans un bon resto italien avec elles sur le bord de la Tamise, et nous sommes rentrés avec un des derniers métro... Sur le chemin du retour, tout près de la maison....il s'est mis.... oui je vous le jure...IL S'EST MIS À NEIGER!!!!!!

Bon d'accord, ça ressemblait beaucoup plus à de la pluie qu'à de la neige, mais pas de doute sur le manteau noir de feutre de Guillaume; c'était bel et bien de la neige, ultra-fondante, mais de la NEIGE!!! NOTRE PREMIÈRE NEIGE, LE JOUR DU PRINTEMPS!!!!!

Je suis rentrée me coucher toute énervée...le lendemain matin, évidemment, plus rien...

Mais c'était sans miser sur les vents arctiques que nous recevons nous aussi de ce côté de l'Atlantique (je sais que ces vents ont causé une autre jolie tempête au Québec cette fin de semaine....encore!?!).

Le lendemain, on a eu, oui, AU MOINS 5 TEMPÊTES DE NEIGE!!!! Bon, elles duraient 3 minutes chaque fois, mais quel plaisir, de voir de la neige enfin, moi qui attendait d'en voir tomber du ciel depuis le mois de décembre!!!



Cette neige tant attendue a fait mon bonheur pour le reste de la journée... Un vrai enfant, j'vous jure.... Je passais mon temps à vous envier, vous, chers Québécois enterrés vivants sous près de 5 mètres de neige.... et moi, sur l'herbe et les fleurs, je soupirais de désespoir....*hahaha* Voilà, je vais pouvoir arrêter de dire qu'on m'a volé un hiver, que j'ai esquivé une saison dans le cycle 4 saisons de ma vie... J'ai vu la neige tomber, j'étais heureuse....

J'espérais un peu plus tout de même, mais la météo faisait vraiment des siennes, les tempêtes alternant avec des moments de soleil éblouissant.... Vers la fin de la journée, il a fallu que je me résigne, c'était fini....

Ce matin, ô surprise, Guillaume ouvre les rideaux et me dit "c'est plein de neige!!!!"

Évidemment, je ne l'ai pas cru tout de suite, il m'a joué le tour souvent cet hiver, le coquin...

Puis, n'y tenant plus, je suis sortie des couvertures pour aller m'en assurer de visu.


ENCORE DE LA NEIGE?!?! AH NON MAIS ÇA SUFFIT, YEN A MARRE DE LA MARDE BLANCHE!!!!! QUAND EST-CE QUE ÇA VA FINIR?!?!?!
*mouhahahaahahah*

mardi 18 mars 2008

Est-ce qu'on est devenus *snobs*??

Loin de moi l'idée de me "pitcher" des fleurs et de me croire meilleure que les autres parce que j'ai fait une maîtrise. C'est un petit velours à moi-meme, a tremendous work that I have acheived (je suis au boulot, est-ce que ça paraît?), bref une réalisation dont je suis très fière, et sachant what I've been through, "sérieux la gang", desfois, je suis bien contente de moi. (vous avez ici un bref aperçu de ce qu'a l'air mon cerveau après maintenant 6 mois en Angleterre... la section "langue" est complètement sens dessus-dessous, upside-down dear).


Bref.


Parfois, Guillaume et moi, on se demande si nous ne sommes pas devenus, sans le savoir, et sans vraiment le vouloir, "l'élite intellectuelle" dont nos profs d'histoire aimaient tant se targuer d'etre la crème; et par le fait même, totalement snobs.


Là je sais bien, je le sens, vous vous dites déjà "mais c'est dooooon ben prétentieux ce qu'elle est entrain d'dire"...


J'ai pas fini.


C'est que, voyez-vous, parfois, on a l'impression de ne plus faire partie "de la gang". Notamment, au Québec, de la gang "d'anti-accomodements raisonnables" extrémistes qui, par exemple, envoient des emails totalement scandaleux faisant la comparaison entre des oiseaux qui viennent manger, non pardon piller votre mangeoire et recouvrir votre patio de leur merde, et des centaines de milliers d'immigrants illégaux qui viennent squatter notre système de santé et pourrir les classes de nos enfants de leur enfants non-français à eux qui retardent l'apprentissage des "Québécois pur-laine". Oui, j'ai reçu ce type d'email la semaine passée, et s'en est suivie une montée de lait de couple sur l'intolérance de certains de nos concitoyens. J'ai écrit une lettre bien fâchée à l'émetteur, mon copain a envoyé une lettre bien fâchée à tout ceux qui l'avaient reçu (!), nous sommes tous les deux partis en guerre contre...par grand chose en fait. Ces gens sont fermés, xénophobes, et il n'y a rien à y faire. Et malgré que ma vision des choses puisse paraître aussi arrêtée que la leur, moi je dis: c'est l'ignorance qui amène l'intolérance. Plus d'ouverture d'esprit, un esprit qui aurait été entraîné à s'ouvrir sur les autres, s'intéresser à ce qui est différent, nouveau, voilà ce qui aiderait à régler ce problème qui pourrit notre réputation de culture accueillante et chaleureuse depuis maintenant plus d'un an et demi.


De notre côté, nous ne sommes pas parfaits. Mais nous tentons une approche qui se veut la plus ouverte possible vis-à-vis les autres cultures. Ce n'est pas toujours facile. C'est souvent déstabilisant. Souvent aussi enrichissant. Rien n'est parfait. Il faut prendre le meilleur de chacun; de chaque personne, et de chaque culture.

Il y a aussi nos loisirs qui sont relativement différents de beaucoup de jeunes de notre âge; chaque fin de semaine, on se retrouve dans des musées, des concerts de musique classique, et on préfère visiter une exposition sur les joyaux impériaux plutôt que d'aller se payer une soirée dans un comedy club. Il y en a qu'il faudrait payer pour faire ce que nous faisons avec plaisir.


Bon, toute cette grande digression pour en venir à mon sujet principal. En fait, je voulais vous parler d'un concert que nous avons vu samedi dernier. Puis j'ai voulu vous parler de ce email qui m'a fait hérissé les cheveux sur la tête. Puis je me suis rendue compte que je ne pouvais pas tout vous dire d'un coup sans faire encore une fois un billet de 10 pages.


Alors revenons à mon sujet initial: Classical Spectacular.


Nous étions très enthousiastes d'aller voir un tel spectacle de musique classique. Ça avait lieu au Royal Albert Hall, un chic amphithéâtre anglais. Imaginez le Centre Bell aux proportions réduites de moitié, avec des sièges rouges et des rideaux décorant les loges aux niveaux inférieurs. Chic, mais adapté pour une grande foule. Concert donné par l'orchestre philharmonique de Londres, donc de très bons musiciens.


Nous aurions dû par contre lire la description avec plus d'attention:

The Classical Spectacular is populist to the core and one of the highlights of the classical calendar for those with no pretensions. Around 250 musicians take the stage of the Royal Albert Hall to play the nation's favourite landmark pieces, all set to a majestic show of lights, lasers and all manner of impressive electronic wizardry. This concert is very accessible and everyone will recognise the melodies. 'Jerusalem', 'Rule Britannia' and 'Land of Hope and Glory' will all get an airing before the finale. Tchaikovsky's 1812 overture will end the show in all its original pomp and glory, replete with original cannon and musket fire.


Vous avez lu le "populist to the core"? Ça ne devrait pas nous déranger, puisque nous n'avons pas la prétention d'être snob et "de la haute" comme on dit chez nous.

Ben finalement...c'était plutôt dérangeant.

Assez pressés (évidemment), nous avons ramassé un sous-marin au Subway du coin près de chez nous (les sous-marins Subway sont moins bons ici, oui je vous le dis), sous-marin mangé en vitesse dans le métro, avant de changer de ligne, puis rechanger de ligne encore. Sortis du métro, Guillaume me dit que c'est 10min de marche. On n'arrive pas à trouver la bonne rue qui n'est que le début de notre trajet, il pleut à boire debout, c'est l'enfer. Devant le Harrod's, on arrête un taxi typiquement british; au diable les dépenses, on ne peut pas manquer ça. On arrive essouflés, mais 5min avant le début du spectacle. Ouf.

Première surprise; la taille de la salle. Ce n'est pas la taille habituelle pour ce genre d'événement... mais après tout, toutes les pièces sont excellentes, c'est compréhensible qu'il y ait autant de monde.

Deuxième surprise; la foule est bigarrée et bruyante. Peu de gens bien habillés comme on en voit normalement dans les concerts de musique classique. Mais nous, on s'en fout, on a tellement peu de vêtements très chics ici, qu'on se contente de ne pas être refusés à la porte... aux concerts à Vienne, nous n'étions vraiment, vraiment pas habillés selon le standing de l'endroit, mais je n'avais aucun malaise à être assise en jeans dans le chic bar qui servait des canapés au saumon fumé aux vieilles dames ultra-chics; mes parents m'ont souvent dit que les plus riches étaient souvent les moins bien habillés...*hahaha* (eux s'habillent avec très bon goût...bon...je nuancerai pas ce sujet, pas le temps!) Bon d'accord, ça ne s'applique pas du tout à moi (fantastiquement riche et mal habillée), mais ça me donnait un motif de reposer mes pieds à ce bar plutot que de rester debout en haut avec la "plèbe" qui n'osait descendre. (Paresseuse?)

La lumière se tamise, les musiciens se préparent à jouer. Il y a une giga-chorale, je compte environ 100 personnes, probablement autant de musiciens. Enfin, ça commence... yééé!!

Soudain, mon voisin émet des bruits qui me dérangent particulièrement; lui, sa copine et ceux qui semblent être ses beaux-parents se passent un sac de bonbons.

KCCKCKCHHCHHHCKKCHCHCHCH.

Premier regard accusateur et réprobateur à mon voisin de droite.

KCCHCHCHCHCHCHHCHHCCHCHCH. murmures bruyants.

Deuxième regard courroucé de ma part.

La musique commence. Très jolie. Mais je ne peux m'empêcher de penser à mon mal-appris de voisin, qui ne se gêne aucunement pour passer des commentaires - que je juge immédiatement inutiles - pendant la pièce.

Vous savez l'impression que ça m'a donné? Avec leurs bonbons, leurs commentaires, le sac qu'ils se passaient sans se soucier de leurs voisins? Ces gens se croyaient au cinéma. Pareil, je vous dis.

Le chef d'orchestre a terminé de diriger le premier morceau. Il se retourne vers le public, et se met à faire des blagues. Tiens, how unusual. La foule rit de bon coeur. S'esclaffe même parfois. Ce que nos voisins ont peut-être pris pour une attitude pincée de notre part (nous, on ne riait pas) était en fait de l'incompréhension; plutôt facile maintenant de suivre une conversation, de répondre au téléphone, de comprendre "l'essentiel" de ce que le controleur dit au micro dans le métro...(bah et encore là...!) mais du stand-up couvert par des bruits de rires, plus difficile.

Deuxième morceau; les lasers s'y mettent. Suivant les harmonies du morceau de musique classique, des lasers verts nous aveuglent et parcourent la salle amusée. Nous, on l'est pas trop. C'est quoi l'utilité, dites-moi?? C'est pas très joli, des rayons de laser qui se promènent d'un côté à l'autre de la salle.

Mais le summum, c'est quand un voisin, indéterminé malgré nos investigations, se met à libérer des gaz très envahissants. Le genre qui sent un mélange de dépotoir, d'oeuf pourri et d'animal mort.

MERDE, QUI ENVAHIT NOTRE AIR COMME ÇA??? YA PAS DÉJÀ ASSEZ DU CAVE DE DROITE QUI M'EMPECHE D'ENTENDRE, FAUT QUE J'ARRETE DE RESPIRER AUSSI?!?!!?

Guillaume et moi prenons nos foulards, et nous couvrons le nez, tentant désespément de profiter d'un spectacle que tous, et même le chef d'orchestre qui nous paraît ridicule face à notre très classy et très sérieux Kent Nagano, veulent nous gâcher. On se croirait au cirque.

Les pièces de musique sont beaucoup trop courtes, ou trop rapidement exécutées. On espère se faire bercer par nos morceaux préférés pendant un bon 7-8 minutes au moins, surtout quand on sait que l'oeuvre complète peut durer une heure ou deux. Mais non, parfois après 4 ou 5 minutes le tout stoppe, et il faut applaudir... Zut.

Le comble de l'incroyable pour nous a été atteint lorsqu'ils ont entamé une pièce patriotique, probablement Rule Britannia, quoique nous n'en sommes pas sûrs. Ils avaient donné de petits drapeaux Union Jack à tous les spectateurs...(il n'en restait peut-être plus quand nous sommes arrivés). Et quand ce morceau a été entamé... Les milliers de spectateurs dans la salle se sont mis à agiter leurs petits drapeaux de papier. Couvrant quasiment le bruit de l'orchestre, nous entendions des FLICKFLICKEFLICKFLICKEFLICKKEFLICKE.....de plusieurs dizaines de décibels.

On se croyait dans une fanfare plutôt qu'un orchestre philharmonique, je vous jure.

À l'entracte, on se faufile dans la masse qui attend devant le bar, et nous commandons un verre de vin chacun. Je prends du rosé, il fait chaud dans la salle, c'en est très inconfortable. Ça va me rafraîchir. Finalement, je conclus que le Subway et le rosé ça ne fait pas un bon mélange dans mon estomac, et je laisse Guillaume terminer mon verre (ce qui est plutot inhabituel, vous en conviendrez).

On retourne dans la salle, fusillant du regard la plupart des voisins des alentours, les trouvant absolument tous indignes de se retrouver dans un concert de musique classique digne de ce nom (ok, j'exagère un peu là).

La lumière se tamise de nouveau... la tête me tourne un peu, avec mon demi-verre de vin(!). Je décide que j'ai eu plus que mon lot de laser et d'effets d'éclairage psychadélique. Je ferme les yeux, et je me concentre sur la musique.

Est-ce mon état légèrement éméché, ou l'orchestre qui a finalement décidé que le public était mûr pour des pièces plus consistantes, qui se rapproche davantage de la vraie musique classique? La musique était meilleure, les pièces, plus longues, et la foule, plus respectueuse.

Mon voisin de droite avait fini son sac de bonbons, et le voisin aux ballonnements toxiques était probablement allé s'éventer un peu dans les couloirs pendant l'entracte. On a eu un 20 min de grâce avant qu'il recommence.

Pendant ce temps...j'ai soudain réalisé ma chance d'être là, maintenant, dans cette salle de concert à Londres, à écouter une centaine de musiciens de talent et une quantité étonnante de choristes s'époumonnant pour notre bon plaisir. Hey, j'étais à Londres, mes oreilles bercées par de la douce musique, à faire la fine gueule?

J'ai bien profité de la deuxième partie du spectacle. J'ai fait la paix avec l'angle "grand public", et j'ai apprécié le concert pour ce qu'il était; un excellent divertissement. La qualité des pièces a sûrement aidé.

Les feux d'artifice et les coups fumants de mouquets qui pétaradaient dans mes oreilles et jusque dans ma cage thoraxique ont probablement fait le reste, pendant la finale, L'ouverture de 1812 de Tchaikovsky.

Finalement, j'ai beaucoup aimé le spectacle. Je ne suis peut-être pas si snob que ça finalement....

Mais je me découvre un peu puriste...

Voilà un vidéo qui vous donnera une idée de ce que j'ai vu....c'est au même endroit, et la plupart des pièces me semblent familières...Ça vous montrera un peu l'impression de "surdose de couleurs" que j'ai eu à un moment donné.. ;o) À écouter plus attentivement; la pièce où les choristes s'époumonnent sur un extrait qu'on entend souvent dans les films pendant les batailles médiévales (!)

samedi 15 mars 2008

Globe-trotters


Je ne suis pas, dans l'âme, une globe-trotter dans le sens commun de "back-paker", le genre qui erre d'un endroit à un autre avec son gros sac à dos sur les épaules, son sac de couchage accorché en bas du sac et qui lui tape les fesses à chaque pas, campant au gré de l'accueil des bords d'autoroute, et ne réclamant une douche que lorsque l'occasion se présente.

Ah non, comme dirait les Français, je suis pas mal plus "chochotte" que ça. On dirait "moumoune" au Québec, ou même peut-être un peu...capricieuse.

Je choisis "douillette". Moins insultant pour moi-même.

J'ai quelques essentiels dont je refuse catégoriquement de me priver, que ça nous cause certains problèmes ou que ça coûte un peu plus cher (ex: une douche)

Mais je ne suis pas vraiment "fancy" non plus. Je n'ai pas besoin d'hôtel "minimum 3 étoiles", d'un grand bain ou de loger dans un endroit central afin d'économiser au maximum mes petits pieds (sont pas petits de toute façon, aussi bien les utiliser!)

En fait, c'est probablement mon côté un peu/pas mal "économe" qui me sauve d'être complètement..."spoiled". (hey ouais, désolée, j'ai décidé de choisir les termes les plus exacts parmi mon répertoire français/québécois/anglais...comptez-vous chanceux que je ne sois pas plus à l'aise avec l'espagnol).

Alors je fais des choix en conséquence de mes moyens et de mes plans. En Irlande l'an dernier, j'ai dormi dans un dortoir à 8, où on se les gelait toute la nuit. C'était moins cher, et tant mieux, parce que c'était la fin de mon périple France/voyage d'études, et les réserves étaient plutôt à sec. À Amsterdam, on dormait à 16, et je grimaçais de dégoût en posant mes pieds dans les douches (j'avais oublié mes gougounes) mixtes et sales. Mais c'était une option économique!

À Rome, nous avons passé 4 heures à trimbaler nos sacs et à faire un hôtel puis un autre, puis un autre encore, pour se négocier une chambre à notre goût esthétiquement, mais surtout, monétairement. Premier voyage d'amoureux, petit couple tout frais d'un mois à peine, on voulait une jolie chambre, mais pas question, au mois de novembre, de payer plus que 70 euros pour une chambre, ah ça non c'est ridicule. On a perdu un après-midi, mais on ne l'a pas regretté...on avait 5 autres jours pour marcher 15h/jour en explorant la ville.

À Vienne, nous nous étions réservé un peu de luxe, puisque nous comptions réserver un appartement. Encore dans l'optique de sauver de l'argent en cuisinant nous-mêmes; sauver sur les restos, c'est une bonne économie. Finalement le plan est tombé à l'eau, et on a dû magasiner des hôtels, ce qui n'a pas été de tout repos...nous avions certains critères, et malgré ce que certains peuvent en penser, je crois que nous avons été raisonnables dans nos exigences...et on s'est contenté d'un hôtel bruyant pour ne pas payer plus de 50 euros la nuit.

Nous en sommes à planifier notre voyage pour le mois de juin.... On sait à peu près combien nous aurons en économies, au total. On essaie de planifier le montant avec lequel il faudrait revenir à la maison, mais d'un autre côté, nous ne voulons pas abréger le voyage pour ramener un maximum d'argent; ce serait trop dommage, et l'opportunité ne se représentera probablement pas de sitôt!

Alors... on cherche les options économiques. Faut pouvoir survivre un bon mois. J'ai un bon ami à Paris qui a offert de nous héberger, de ne pas nous gêner, de venir quand on veut...et je le crois... mais je ne sais pas encore s'il voudra nous garder les 5-6 jours qu'on espère vivre là-bas, probablement le plus long arrêt de notre voyage. Et le connaissant...je me demande sur quoi on va dormir ;o) Mais on ne fera pas les difficiles, loger dans le 13e arrondissement gratuitement, c'est une aubaine à ne pas rater ;o) Bon ya son copain, descendant de Fouquet, qui a sûrement une chambre vide dans le 5e avec vue, de la fenêtre de sa toilette, sur le dôme du Panthéon....mais je demanderai pas ;o) Je préfère être dans le 13e avec Bertrand qui lui est un vrai de vrai globe-trotter...une inspiration pour moi.... Je vous en parlerai prochainement, de Bertrand. Peut-être qu'ainsi, mon copain comprendra enfin l'admiration que j'ai pour lui... ou peut-être sera-t-il jaloux, comme il s'amuse à le prétendre depuis qu'on sort ensemble? *hahaha* Na j'en doute, ça c'est un jeu qu'il jouait déjà en fait avant qu'on sorte ensemble, il surnomme Bertrand depuis ce temps "mon ami imaginaire", car malgré le fait que j'aie vu Bertrand plusieurs fois lors de notre dernier séjour en France, Guillaume ne l'a jamais rencontré...j'ai bien hâte de lui présenter Bertrand, je crois qu'ils auraient bien des raisons de s'entendre... Deux historiens, deux férus de politique, d'argumentation, et des autres cultures... Les deux gars de ma génération que j'aime le plus...oui...à bien y penser, c'est ça.

Pour continuer sur les options économiques, j'ai une amie en Grèce, celle sur la photo du post d'avant, Katerina, une amie chère à mes yeux car la seule que je considère comme telle, dans ce voyage que j'ai fait en France l'an dernier pendant 4 mois. J'ai tendance, lorsque je ne suis pas avec mes chères meilleures amies du Québec, à apprécier davantage la compagnie des gars. Moins compliqués, moins bitch, moins méchants, plus drôles. Alors elle, j'y tiens, à cette chère voisine de chambre de la Maison des Étudiants Canadiens. Elle m'a invité à la visiter, à Athènes... et même si elle n'a jamais eu de sympathie pour Guillaume (!!! je vais essayer de remédier à ça) elle l'a invité aussi... maintenant, va falloir que je fasse aller mes 10 petits doigts et que je lui écrive au plus vite pour m'assurer qu'elle se sauvera pas dans une île quelconque au moment où j'espère la voir.... une guide perso qui parle grec en plein Athènes, vous imaginez la chance?!?!

Pour les logements, on sait plus. Individuellement, évidemment, les auberges de jeunesse sont la meilleure option. Mais ces auberges chargent "par personne" et non par nuit comme dans les hôtels. À 20-25 euros la nuit par personne, c'est une aubaine. Mais à 2, ça fait 50 euros. Et pour 50 euros, souvent, ya moyen d'avoir un peu plus de confort qu'un dortoir avec toilette au bout du couloir, et douche avec bouton-pression qu'il faut tenir constamment pour avoir de l'eau (quand elle est chaude!). Mais plus de 50 euros, et nous voilà probablement foutus, hors-budget. Pour chaque ville qu'on visitera, il faudra donc scrupuleusement étudier les choix s'offrant à nous. Autre défaut des auberges; la plupart du temps, elles sont situées "hors-centre", et parfois, vraiment, vraiment hors-centre. Genre la ville à côté. Ou en plein champs. On nous vante l'aspect buccolique et relaxant des environs de l'auberge; on n'en a rien à foutre, on veut voir la ville nous, pas les oiseaux qui font pit-pit!!!!! (scusez-la)

On a aussi l'option risquée mais qui pourrait être intéressante; du couch-surfing. Des habitants de la ville qui offrent un sofa, un matelas, un lit, aux voyageurs, et ce, gratuitement. En bonne fraternité entre "globe-trotters", si vous voyez le genre. Mais on n'est jamais sûr de ce qu'on trouvera au bout; un endroit dégoûtant, un vieux "macro" qui cherchera à m'épier par le trou de la serrure de la salle de bain, un voleur qui nous prendra notre argent pendant notre sommeil, ou simplement des gens jaloux de leur espace et qui imposent un couvre-feu du genre "revenez pas avant 22h"? (ça s'est vu!). Ce sont des risques, à nous de savoir si on est prêts à les prendre pour économiser 2-3 nuits d'hébergement dans chaque grosse ville.

Alors voilà...et là, je ne vous parle pas de notre itinéraire de fous encore, et de la préparation technique que ça prendra, budget, transport, hébergement, nourriture, économies, sorties culturelles, envies de rien manquer d'important dans chaque ville.... lectures interminables historico-culturello-gastro-entertainico-...euh ouais vous avez compris.

L'itinéraire, dès qu'il sera un peu plus arrêté, je vous en ferai part...vous comprendrez sûrement mieux pourquoi ce voyage m'obsède totalement ;o)

vendredi 14 mars 2008

On rit de moi jusqu'en Pologne...

Eh oui...on rit de moi. Ça, je m'y suis un peu habituée, tout de même.

Vu mon statut de gaffeuse hors-pair, du genre à me casser la marboulette dans les escaliers, ou du genre à donner un coup de pied dans le vide et à me retrouver plus vite que mon ombre le cul par terre et le coccyx endolori...parlant de coccyx endolori (!) j'ai déjà failli me tuer en descendant une pente en patins à roulettes, sans avoir le contrôle de mes freins (ya des freins sur ces machins-là??!?! faudrait me montrer...) et la seule chose qui m'a sauvé c'est d'avoir manoeuvré à une vitesse folle un virage pour suivre le trottoir plutôt que de continuer en ligne droite et du fait même, atterrir en plein carrefour ultra-passant.... Bon ce que je vous ai pas dit encore, c'est qu'ensuite, après avoir effectué désespérément le virage, je me suis miraculeusement faufilé entre 2 vélos (vous imaginez si j'avais pris un vélo en pleine gueule?!), puis un piéton...puis...perte de contrôle; je suis d'abord tombée sur le derrière et la hanche (à une vitesse folle, je rappelle), pour ensuite rouler sur moi-même..... pour ensuite..ne plus bouger du tout.

Je testais mentalement les 2000 parties de mon anatomie (savon 2000 de Lever...pour les 2000 parties de mon anatomie!)... et pendant que je reprenais mes esprits.... est arrivée une ambulance. Ils avaient reçu un call: "Jeune fille, début vingtaine, gisante, respirant encore". HA HA, C'EST MOI, PRÉSENTE!!!! Hey, c'est rassurant le signalement que les gens font de moi, et c'est rassurant de savoir que les standardistes aux urgences posent les bonnes questions..... la mienne aurait dû demander aussi; est-elle assez twit pour aller faire du rollerblade en se sachant dangereuse? Ou est-elle saine d'esprit? (dans ce cas seulement nous la sauverons)

Bref...ce n'est pas de ma maladresse que je voulais vous parler aujourd'hui (eh pourtant, vous l'avez cru, ein!).

Non, là, je voulais juste vous parler de ma "twitesse". (pour les Français; "twit" est un mot pas très gentil, mais encore pas trop méchant, pour dire "tata", ou autrement dit, bon allez, je vais le dire...ça peut aussi vouloir dire stupide, ou maladroit, ou pas très futé, ou malapris...ou...bon c'est très polyvalent, nous au Québec, on a des mots très polyvalents, bon.)

Alors... Ce soir on est descend à la cuisine, party de Polonais...on tente de s'inclure un peu, et c'est pas très facile, avec 5 Polonais discutant ferme. Là-dessus, comptez-en deux qui parlent très peu et avec difficulté l'anglais, et vous comprenez très vite qu'on est mis de côté à essayer de comprendre le polonais (à part "dobre" qui veut dire "bon/bien", et "lolo" qui veut dire "dodo"....euh...c'est pas mal tout). Puis une de mes colocs me raconte qu'elle a passé le w-e en Pologne chez ses amis, et qu'elle leur a raconté une péripétie "Made by Tania"... et que ça a fait leur soirée, ils ne pouvaient PAS Y CROIRE. Ils n'en REVENAIENT PAS, tsé. À s'en TAPER LES CUISSES....*hum*

Eh bien...le problème, avec moi, c'est que je ne peux pas boire l'estomac vide. Comme bien des gens d'ailleurs, je tiens le préciser, car je ne veux pas être seule dans mon camp ce soir. Alors.... cette coloc a souvent la mauvaise idée (selon moi) de nous inviter à prendre un verre (ça c'est la bonne idée) en tout début de soirée, ce qui veut dire, pour 18h (ÇA, c'est la mauvaise idée).

Alors, on se retrouve dans un pub brésilien, qui offre des mojitos en "happy hour" de 17h à 19h. Résultat; voulant être "économiques", on arrive à 18h, et on en commande.... genre... bon on commence raisonnablement...avec un, puis un autre, puis on se dit, merde, le "happy hour" est presque fini, commandons-en 2 autres avant 19h, viiiiiite!!

Calculez; ça fait 4 moooojiiiiitoooooss en unnnnnne heeeure. Bus rapidement; ben oui, c'est bon froid, ces petits "drinks"-là. Ça a beau être plein de glace et de jus, il y a plus que sa dose d'alcool là-dedans.

Alors...on boit nos 4 moooojjiiiitoooooss d'une traite, puis, à peine "canté" notre alcool, on part à la recherche d'un resto (pourquoi on a pas fait l'inverse, ein, les copains??!! allez...attendez-moi un tit peu.... j'ai ma tuque sur les yeux, je vois rien).

LA la la la lère... Un resto mexicain. Humm....après les moooojiiiitoooos, pourquoi pas des faaaajjjjjjiiiiiiitaaaaas? Bon c'est pas l'idée du siècle, aller se brûler l'estomac avec du chili après de l'alcool dans un ventre vide..mais chut, n'argumentons pas, allons manger.

Le resto est plein à craquer, on nous envoie au bar prendre un apéro. Ah non!!!! Sérieusement, moi j'en ai assez eu, ein! Ah et puis...une ptite bière, ein, ça fera pas de tort.... j'ai soif justement.

Allez, on se fait montrer notre table, allons-y...

Bière mexicaine devant moi, j'entame mon buuuuriiitooooos (oui, changement de plan...quoi ça vous étonne, dans l'état où j'étais?). Finalement, mon estomac n'est pas aussi content que je le pensais... Allez, sois gentil, je te nourris, réjouis-toi!

Naon. Il veut pas... alors, pour pas faire de "dégât" à table, je vais prendre un peu l'air...aux toilettes (vous voulez pas me voir faire ça sur le trottoir, allez?).

Là, je prends la peine de recouvrir le siège de couches de papier de toilette (même bien sonnée, je prends le temps), puis je m'asseois pesamment, avec l'impression chaque fois renouvellée par l'alcool que je tombe toujours de plus haut que je ne le pensais. Bon, je ne vous donnerai pas plus de détails que ça.

Et quoi, vous pensiez que j'allais être malade? Mais non, on a un bon foie chez nous (j'exclus ma mère de cette généralisation...*hahaha*), alors je vous le confirme, je n'ai JAMAIS ÉTÉ MALADE... non mesdames et messieurs, comme si j'avais quelque raison que ce soit d'en être fière, je n'ai jamais rejeté l'alcool ingurgité. Il faut dire, je suis "économique" comme on dit, il ne m'en faut pas beaucoup pour avoir le "vin joyeux" (ou "autre" joyeux).

Alors... ce que j'ai fait, qui a tant fait rire les Polonais, ET CE QUI FAIT QUE JE SUIS LA RISÉE DU MONDE ENTIER, c'est que...



Me suis endormie.



Bien confortablement couchée la tête sur mes genoux... avec la bienheureuse sensation que ça arrêtait de tourner, enfin.... me suis endormie. C'est ma coloc qui est venue voir si tout allait bien...elle m'a réveillée en criant mon nom dans les toilettes publiques. "Ein quoi? Où suis-je?"


Vous avouerais-je que ce n'est pas la première fois que ça m'arrive?


Quelle fieffée buveuse je fais.



Tenez, pour me faire bien honte, je vous mets une photo qui a AUSSI été la risée de mes amies...voir mes dents noires d'accro au bon vin rouge français. (voilà mon amie Katerina, cette adorable Grecque que j'espère bien visiter cet été....faudrait que je lui en parle au plus vite, si je veux m'assurer qu'elle se planifie pas des vacances pour fin juin!)

mardi 4 mars 2008

Where have all the Britons gone?

Vous vous rappelez la chanson "Where have all the Cowboys gone?" de Paula Cole?




Moi ce que je me demande ici, c'est plutot; Ou sont tous les Britanniques??

On vit avec 5 Polonais, et nous avions aussi 2 Roumains, une Hongroise et une Brésilienne à notre arrivée comme colocataires.

Je travaille avec 2 Allemandes, ma boss vient de Trinidad & Tobaggo, et celle qui se rapproche le plus d'une Anglaise est d'origine Bangoli (du mois c'est le terme en anglais...disons que sa famille est originaire du Bangladesh).

Guillaume travaille principalement avec une Autrichienne (l'autre assistante de langue), et des Français (évidemment, ce sont des profs de français...quoiqu'il y a quelques Anglais je crois).

Lorsque nous sortons avec une de nos colocs (qui est Polonaise bien sur), ses principaux amis sont Français (je me suis d'ailleurs un peu rapprochée d'Amandine, mais c'est une amitié "de voyage"... eh oui, il n'y a pas que des amours de voyage, il y a aussi des amitiés, certaines qui se révèlent fortes et faisant fi des distances, et d'autres qui sont convenient, qui durent le temps d'un voyage et qui disparaitront ensuite, le temps de combler une petite solitude... dommage!), il y a aussi un Allemand qui sort avec une Suédoise (ou est-elle Finlandaise? ou Danoise?), et des Italiens...

Vendredi prochain, pour célébrer l'anniversaire de Nasima, celle qui est originaire du Bangladesh, nous sommes invités à souper avec ses amies principalement indiennes ou dans ces environs... Je célébrerai donc mon anniversaire en partie avec des gens de l'Asie, et peut-etre le lendemain avec des gens de l'Europe de l'Est!

Je ne me plains pas, loin de là. Ces contacts, meme furtifs, avec des gens de partout dans le monde, sont une richesse inestimable, et j'espère emmagasiner suffisamment de "parcelles" de ces différentes cultures pour les faire grandir et prospérer en moi, et faire de moi une personne plus ouverte et plus "savante", en quelque sorte, de ce qui se passe à l'extérieur du petit monde que je connais et qui est le mien.

Toutefois, comme à Paris nous n'avons cotoyés que des Québécois (évidemment, en vivant dans la Maison des Étudiants Canadiens!), et non des Français (si peu, mais ceux-là, j'y tiens!!! Tout comme à ma copine Grecque, quelle chance j'ai eu de l'avoir comme voisine!)... Et bien tout comme en France nous n'avions que très peu d'amis Français, en Angleterre, nous avons très (très) peu d'amis Britanniques.

Il y a premièrement le problème de la langue; évidemment, dans mes contacts, certains parlent très bien anglais, d'autres moins bien... il faut s'adapter à chacun, ceux qui sont moins bons sont plus cléments avec nos propres erreurs, et meme je dirais que je me force un peu moins avec eux pour trouver le mot juste, car dès qu'ils m'ont compris je peux passer à autre chose, ce que je ne fais pas avec des Anglais (alors là, mon honneur en dépend, il me faut le mot exact!). Mais pour enrichir son vocabulaire, et meme apprendre certaines expressions bien typiques, il faut cotoyer des gens de la place. Et pour ça, je n'ai qu'un consultant qui vient une fois de temps en temps travailler ici (chaque fois je me retrouve devant au moins 5 expressions colorées, genre "You won't teach your grandma to suck eggs" (ce qui pourrait se traduire pour nous par "on ne montrera pas à un vieux singe comment faire des grimaces"... quoique LOIN DE MOI l'idée de comparer une grand-mère à un vieux singe *hahahahaha*). (Il n'a pu m'expliquer pourquoi une grand-mère voudrait sucer des oeufs...mais ça, c'est une autre histoire...Bref l'expression veut dire que la personne sait déjà tout ce qu'il y a à savoir sur le sujet, on ne pourra rien lui enseigner de nouveau...)

Je pourrais aussi ajouter que je viens dans un quartier à majorité indien, parsemé de boucheries halal, et que je travaille en face d'une des plus grosses mosquées de Londres, mon travail étant bercé (quand je suis de bonne humeur) par les prières répétées 5 fois par jour à travers ce que je soupçonne etre un giga-giga-système de son, et croisant, chaque jour, une dizaine de "fantomes noirs", ces femmes qui portent la robe si longue, des gants si longs et un voile si couvrant qu'on ne voit que les yeux... et ça, c'est quand on voit leurs yeux... mais ça, c'est un autre sujet...

Donc voilà, je suis en Angleterre depuis début octobre, donc 5 mois, et je me désole de n'avoir pas plus de contacts "indigènes"... Et je me casse la tete pour trouver comment changer cela... mais pour ceux qui me conseilleraient les pubs, je tiens à mentionner que l'age moyen est d'environ 40 ans, population largement masculine et légèrement émèchée ;o) Mauvais "target group". Bon ça y est, j'ai encore de la difficulté à trouver le terme français... ça aura au moins eu ça de bon, que parfois je me mets à penser en anglais... mais je déteste perdre mon français...

Dur dur parfois l'adaptation...alors que dire de la difficulté de S'INTÉGRER!!!