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mardi 18 décembre 2007

Londres...l'Eldorado? (ou: "l'obligation d'être une fourmi")


Je vous ai déjà décrit en long et en large mes déboires visant à me trouver un emploi à Londres.

Ça n'a vraiment pas été de tout repos, et plusieurs fois j'ai eu envie d'envoyer promener les gens qui dédaignaient ma candidature; "We're sorry, but you haven't been successful this time". I AM SUCCESSFUL, DAMMIT!

Puis j'ai trouvé un travail, et j'étais folle de joie à l'idée de pouvoir enfin faire quelque chose de mes journées, gagner de l'argent qui me permettrait de payer ma part du loyer, de m'acheter des vêtements sans avoir l'impression de le faire sur le bras de mon chum, et économiser pour voyager en Europe. Enfin, on aurait du "lousse"!

Mon salaire était plus bas que mes attentes (j'allais dire expectations, quel anglicisme!), mais il nous permettait enfin de vivre convenablement. Après autant d'années d'études, j'entrais enfin sur le marché du travail pour m'épanouir et prouver au monde entier tous mes talents et mes capacités.

Eh bien, comme plusieurs venus à Londres la tête remplie de rêves de richesse et d'épanouissement personnel, je suis un tout ptit peu déçue. Mes deux colocs polonais d'au-dessus travaillent au salaire minimum à faire des ménages, l'une au stade, son mari dans une école. Elle est biologiste, il a des études en philosophie (bon ça n'aide pas comme sujet, surtout qu'il n'a pas terminé, mais tout de même!). En Pologne, ils s'étaient acheté un pub, dans un quartier étudiant, mais la chance n'a pas été de leur côté; ils devaient attendre d'avoir le droit d'ouvrir leur pub, pendant ce temps ils sont venus "essayer de faire un coup d'argent en Angleterre" (quelques mois seulement...hey, une livre sterling vaut 7 fois leur monnaie polonaise!). Mais quand le pub a eu l'autorisation d'ouvrir, ils étaient encore ici, et ont laissé la gérance à un bon ami...qui a tout dépensé. Ils ont envoyé leurs économies de Londres à l'ami, qui a dépensé jusqu'à la dernière pièce. Ils ont dû vendre le pub, qui aurait sûrement marché s'ils avaient eux-mêmes été gérants, et leurs économies d'une année se sont envolées... ils pensent donc rester un an de plus à travailler pour un salaire de misère, dans un appart à 500 livres sterling la chambre, avant d'avoir assez d'argent pour retourner en Pologne et peut-être se repartir en affaires...

Mes autres colocs, dont une qui a un diplôme en ressources humaines, l'autre qui travaille de nuit dans un hôtel à faire les caprices de la clientèle, et un ami de la première qui a un bacc en finances ou je ne sais quoi, font tous le même salaire que moi. Et moi qui passe mon temps à me plaindre que j'ai un salaire poche! Mais qu'est-ce qui se passe ici?? Au Qc, on sait qu'une job de réceptionniste peut permettre d'avoir un salaire de base de 25 000$. En tant que téléphoniste chez Desjardins, je gagnais plus que ça... Ici, être réceptionniste, ça commence à environ 7 livres sterling de l'heure. Parfois un peu moins. Ce qui veut dire que le salaire de base peut descendre aussi bas que 10 000/année. Là-dessus, même si la nourriture est souvent moins chère qu'au Canada (si on compare seulement le prix sans la monnaie.... genre une pizza congelée medium à 1 livre, du vin à 3 livres ou du filet de saumon pour 2 personnes à moins de 3 livres... Mais les loyers sont exhorbitants! Comment quelqu'un qui fait 10000 par année peut se permettre une chambre, je n'en ai aucune idée.

Je crois que c'est l'offre. Il y a trop de chercheurs d'emplois ici. Même les jobs minables peuvent se permettre de faire la fine gueule et trier les employés sur le volet, parce qu'il y a tellement de gens qui viennent d'Europe de l'Est qui sont prêts à accepter n'importe quoi... un peu comme les Mexicains qui travaillent dans nos champs dans des conditions minables. Alors pour les bonnes jobs.... pfff. Juste pour vous dire, ici, 30 000 livres, paraît que c'est un foutu bon salaire. Même le gars qui travaillait à l'ambassade du Canada m'a averti que de trouver une job à ce salaire-là, fallait se battre et avoir des qualifications hors-pair... ein??? Il disait que même lui, à l'ambassade, rêvait encore d'un salaire et d'un poste intéresssants... Arg!!!

C'est comme s'il n'y avait pas de demi-mesure.... je vois des postes affichés à 12 000, puis 14 000, 20 000 souvent, quelques 25-28 000... puis...ça passe aux 50 000 en montant. Les emplois qui offrent entre 30 et 40 000 ne semblent pas exister...

Bon d'accord, la livre sterling vaut plus que toutes les autres monnaies environnantes. Si on va en Europe pour voyager, notre livre sterling vaut 1,5 euros environ. Les économies que je ramènerai au Canada vaudront pour le double... Mais en attendant, j'ai commencé à calculer un budget, et c'est franchement pas la joie. Londres est réputée comme la capitale des gros sous et des requins de la finances.... Eh bien, il semble qu'il faut avoir étudié en finances, et même bien plus que ça pour se démarquer...

Guillaume est franchement chanceux de faire le salaire qu'il fait, pour le peu d'heures qu'il travaille... au pro-rata, il fait un méga salaire ;o) Mais... il ne se sent pas toujours utile, et ça, ça peut être démotivant à la longue...

Moi, je travaille pour des workaholics complètement folles. Hier je ne me sentais pas bien, les nausées, les crampes dans l'estomac, des faiblesses... Et puis j'avais mon meeting du samedi (oui, elles avaient planifié un meeting un samedi soir, 18h!! ÇA VA PAS??) qui était reporté à ce jour-là...donc en plus de ne pas me sentir bien, ma journée de travail allait s'étirer au moins jusqu'à 7h, mais plus probablement 7h30, pas à la maison avant 8h30... aaarg.. Je tiens comme je peux, et puis à un moment j'en peux plus, je réalise que je n'ai pas envie de prendre mon break de dîner parce que je n'ai pas faim, alors je vais voir l'assistante de ma boss (ma boss étant entre l'hôtel et l'hôpital, puisqu'elle est entre 2 opérations pour son cancer... mais elle continue de nous appeler 5 fois par jour et d'organiser des meetings dans sa chambre d'hôtel!!) et je lui dis que je n'en peux plus, chaque fois que je tousse (j'ai la grippe en plus) j'ai l'impression que je vais vomir...Alors je lui offre un compromis très intéressant pour elle, je skip mon heure de dîner et je reste jusqu'à 4h...j'ai pas dit "je m'en vais je ne me sens pas bien", j'ai dit "je vais faire toute ma journée de travail, mais puisque je n'ai pas faim je partirai une heure plus tôt".

Elle me regarde d'un air scandalisé, comme si le tonnerre allait me tomber dessus: "Je ne pense pas que la boss va vouloir, faut que tu sois au meeting". Je lui dis que je n'en suis pas capable et que je veux rentrer chez moi...elle approuve à contre-coeur.

À peine 15min plus tard, une autre de nos collègues, que je n'ai vu que 2 fois parce qu'elle vient nous donner un coup de main sporadiquement, vient me voir et me dit: "On vient de parler à la boss, elle est vraiment, vraiment fâchée, il FAUT que tu sois au meeting, elle retourne se faire opérer et elle a besoin que son administratrice sache quoi faire et soit au meeting pour le savoir". Au bord de l'agonie, j'accepte, puisqu'il semble que de toute façon, je n'aie pas le choix.

Je pars me chercher une soupe sèche dans laquelle on met de l'eau chaude, en me disant que c'est la seule chose que je risque d'être capable de garder. Finalement, je n'ai pu qu'en manger la moitié, tellement le coeur me levait. Le reste de mon break, je l'ai passé couchée la tête renversée sur ma chaise, en attendant que l'heure passe.

Puis à 4h30, après avoir parlé à ma maman (évidement, les mamans prennent toujours votre côté, c'est ça qu'il y a de bien, toujours là pour prendre votre défense ;o)) qui m'a convaincu de foutre le camp et de les envoyer promener (elle a dit ça plus poliment, évidemment...elle a de la classe ma mère ;o)), je retourne dans le bureau voir l'assistante, et je lui dis: "ça suffit, je sais pas s'il faut que je vomisse devant elle pour qu'elle me laisse partir, mais vous direz à ma boss que je n'en peux plus, je retourne chez moi, je ne vais pas au meeting." Avec un petit air pincé, elle me dit "alors faudra l'appeler toi-même pour lui dire".

Je retourne en maugréant dans mon bureau, en me disant que franchement, je suis probablement la seule saine d'esprit qui travaille à cet endroit... J'appelle ma boss, et étonnemment, elle a l'air compréhensive, elle me demande ce que j'ai (je lui répond que j'arrive plus à avaler ma propre salive tellement j'ai mal au coeur, je pense que c'est assez évocateur), elle me dit qu'elle espère que j'irai mieux, de prendre soin de moi... Tout d'un coup, je me mets à douter, je me demande si l'assistante et l'autre ont pas monté une histoire selon laquelle ma boss serait fâchée, pour que j'aille à la réunion quand même.... Bah tant pis, on s'en fout, tant que je peux partir.

Le trajet du métro, qui me prend au moins une heure et quart au retour, m'a paru une éternité. Par chance, j'avais un siège assis, mais malheureusement, il y avait une chaufrette qui marchait à toute puissance en-dessous. C'est bien, normalement...Mais pas quand vous avez la nausée, que vous comptez avec désespoir chaque station de métro, et que le train bouge de manière cahotique et dégoûtante...

3 stations avant la mienne, je tente d'ouvrir la petite fenêtre à côté de moi, parce que mon malaise empire... Je n'y arrive pas, et les 2 filles à côté de moi ne bougent pas....Finalement, je me décide à ouvrir la bouche (en fait, c'était ce qui me retenait depuis un bout de leur demander, j'étais sure que de desserrer les machoires allait être fatidique), et je demande à la femme à côté de moi de m'aider parce que je ne me sens pas bien. Je vois la peur dans ses yeux; elle craint que je lui dégobille dessus, et me dit que je devrais peut-être sortir du train dans ce cas-là...Mais il ne reste plus que 2 stations, j'y suis presque, et je sais que mon train se rend jusqu'à ma station; les trains suivants, si je sors de celui-là, pourraient s'en aller dans une autre direction et sauter ma station, comme ça arrive une fois sur trois.

Moins de 3 minutes plus tard, ça y est, ça tourne, j'ai une bouffée de chaleur et je vois à peine en face de moi. Je me lève précipitamment, sûre que c'en était fait, j'allais être malade devant tout le monde en plein milieu d'un wagon de métro (l'horreur... on a tous peur que ça nous arrive ou qu'on voit quelqu'un être malade....ark). Je me rends au plus proche de la porte, mais malhereureusement pour moi, nous sommes entre 2 stations, et la distance entre les 2 est une des plus grandes de mon trajet; environ 7 minutes. Je m'asseois par terre devant la porte, mon sac de plastique dans les mains, essayant de respirer le plus calmement possible, et de recouvrer la vue avant de tomber définitivement dans les pommes...

Finalement, arrivée à la station suivante, je me sens suffisamment remise pour attendre ma station, la prochaine. Me lever n'a pas été facile, marcher encore moins. Je marchais comme une zombie qui se demandait si son estomac lui jouerait un tour à tout moment.... dégoûtant.

Sortie de la station, un vent glacial m'attendait... et pas d'autobus (qui fait au moins la moitié du trajet à pied... 7min de moins à marcher, ça fait plaisir dans ces circonstances-là...). J'ai finalement pris un taxi, aussi appelé "mon sauveur", qui m'a mené à la maison en moins de 2 minutes pour un petit 5 pounds...

Puis je me suis effondrée dans mon lit, au chaud (mais pas trop) et aux soins de mon copain...qui par gentillesse m'offrait plein de choses à manger puisque je n'avais pas mangé quelque chose de consistant depuis 7h30 le matin. Je lui ai dit d'arrêter de me parler de patates pilées et de petit pois (en essayant très fort d'oublier que bientôt ça sentirait peut-être le bon filet de porc dans la chambre... et que mon estomac n'aurait pas été d'accord).

J'ai été prise de giga-frissons toute la soirée, ayant chaud mais trop froid pour sortir du lit... Et ce matin, j'ai laissé un message à l'assistante pour lui dire que je prenais une journée off. Je n'ai plus mal au coeur, mais j'ai encore des crampes d'estomac que d'ailleurs je ne comprends pas trop.

Et demain, je vais leur annoncer que quand je dis que je ne peux pas terminer la journée parce que je ne me sens pas bien (ce qui arrive très, TRÈS rarement), que je suis sérieuse, et que je ne reste pas une seule minute de plus dans le bureau. Si elles sont envie de se tuer à la tâche, ce n'est pas mon cas. Je n'ai jamais travaillé dans un endroit qui m'empêche de rentrer à la maison alors que je me sens aussi mal (et avec 1h30 de plus avant d'être rendue dans mon lit!!). Des endroits où je me suis dit : allez, tiens encore un peu, c'est presque fini, allez! Oui, ça oui, parce que tant qu'à être au bureau, aussi bien terminer sa journée. Mais quand j'en avais assez... c'est la première fois qu'on me dit qu'on s'en fout et que je dois endurer... Gang de malades. Faut tous jouer les superhéros parce que ma boss en est une. Je veux l'aider et faire de mon mieux, et je l'admire parce qu'elle travaille tellement fort... mais je la plains aussi, parce qu'elle n'a pas de vie. Et l'assistante non plus. Les deux travaillent jusqu'à 11h le soir, parfois même ma boss reste jusqu'à 3h du matin, et évidemment, elle est là à 6h le lendemain...

Je commence à en avoir marre de me sentir coupable et paresseuse parce que je ne veux pas faire d'overtime sans être payée (eh oui, l'overtime est accumulé pour avoir des journées de congé, mais étonnamment, ya personne qui les compte, mes heures d'overtime! Aussitôt faites, aussitôt oubliées!).

Je ne sais pas si je devrais chercher pour autre chose... *soupir* J'ai pas envie, mais... Arf.

lundi 5 novembre 2007

Mon premier jour au travail





Et voilà!!

C'est fait, j'ai enfin, ENFIN un travail!!
300 cvs, 2 entrevues...1 travail.

C'est une entreprise pas mal jeune, 3 ans en fait, subventionnée en partie par des fonds gouvernementaux (je pense que c'est d'eux d'ailleurs que je reçois une bonne partie de mon salaire! *hahaha*) qui s'occupe d'aider et de conseiller les salons spécialisés dans la beauté/coiffure ethnique.

J'avais postulé pour un poste d'adjointe-administratrice, je me retrouve, sur mon contrat, "Administrator". Wouaaaaa... vous pouvez pas savoir à quel point je vais être contente de mettre ça sur mon cv, ADMINISTRATOR, Salon Strategies, London. C'est pas tout à fait le salaire que je visais, mais c'est décent, ça permettra à Guillaume de ne plus payer le loyer seul, ça nous permettra d'arrêter de compter nos cennes, et même de faire quelques petits voyages. Entk, enfin, on va pouvoir se mettre à VIVRE un peu.

Ce long mois de disette aura au moins eu ça de bon que j'ai enfin su que le niveau de vie d'une étudiante n'était pas si mal que ça (lorsque subventionné grassement par les parents, en plus, ya pas de quoi se plaindre). Mais de tout d'un coup me savoir sans emploi, avec le compte en banque qui descend, descend, descend...jusqu'à ne plus pouvoir descendre davantage... ça, ça fait mal à l'orgueil..et au moral. Ne penser qu'à comment on va pouvoir arriver à survivre jusqu'au prochain mois, ça ramène les deux pieds sur la terre assez vite... Plus de latitude pour aller "sneaker" du côté des nuages.

Je devrais pas parler trop vite, les 2 prochaines semaines ne seront pas faciles... À Londres, on est payés à chaque mois seulement, et franchement, ce que ça peut être long un mois après avoir donné 500 pounds pour le loyer, arrrg!!

Mais bon voilà, on gagnera le double, et même presque, (presque) le triple de ce sur quoi on (sur)vit en ce moment.... Ce qui est franchement agréable comme idée ;o)

Pour en revenir à mon travail, je ne sais pas trop en quoi il consiste, sincèrement... Aujourd'hui, nous sommes allées, ma boss et moi, dans un collège pour recruter des jeunes 16-19 ans dans un cours de "customer care" spécialisé dans la coiffure. Salon Strategies semble faire le lien entre les jeunes et les salons. Ils font aussi des gros happenings de coiffure, avec parades, photoshots, kiosques de salons et de fournisseurs, etc... Le dernier était dans le hall de la mairie de Londres (pour ceux qui sont sur mon facebook, c'est le bâtiment de forme bizarre en arrière-plan de la photo où Guillaume se gratte la tête devant une "oeuvre moderne", un grain de riz noir géant).

Je ne travaille pas demain. Mercredi je la rencontre dans un autre "happening", et vendredi aussi... entk... je vais bien finir par m'asseoir derrière un bureau, mais je sais pas quand...quand elle aura le temps de me dire quoi faire pendant qu'elle elle court partout...on verra quand ce sera!

Merci à tous pour votre support dans ce mois difficile ;o)
Vous avez été super encourageants, et bien patients de m'écouter me plaindre sur mon triste sort de sans-emploi londonienne...

Bon, maintenant je vais avoir le temps de vous raconter des choses le fun, parce que je passe plus mes journées et mes soirées à scanner les sites d'emploi, les uns après les autres, ad nauseum! QUE C'EST AGRÉABLE TRAVAILLER!!! wouaaaahouuuuu!!!

lundi 29 octobre 2007

Comment devenir un fonctionnaire... en 274 étapes faciles

Aujourd'hui, c'était la journée des examens de la fonction publique du Canada pour les "aboard, London" en Angleterre.

Le premier examen était à 8h30. Il fallait arriver 30 min d'avance, pour avoir le temps de se faire identifier par le "bouncer" en cravate à l'entrée, lui faire comprendre nos noms (Leduc et Guillaume étant les plus difficiles), s'installer, se faire lire les directives, etc. Alors selon nos tristes calculs de la veille, il fallait qu'on se lève à 6h du matin, qu'on parte à 7h, 15min de marche vers le métro, 30min de métro, environ 10min jusqu'à l'Ambassade. Finalement, avec peu de retard sur notre horaire, nous partons à 7h10. Il fait encore nuit noire, la lune bien haute dans le ciel....on constate que l'hiver est à notre porte, et que le jour tarde de plus en plus à se pointer le bout du nez. Rien pour réveillez les marmottes que nous sommes. On se bouge les fesses quand même, question d'arriver le plus près possible de 8h.

8h03, le drapeau gigantesque du Canada est en vue, et des gens sur le trottoir qui attendent. Le temps qu'on approche, ils étaient entrés. On espérait qu'ils ne nous aient pas fermé la porte au nez. Eh bien non, par chance, on entre et on se présente au comptoir de la réception. "Bonjour, nous sommes là pour les examens de la fonction publique!" "À quelle heure étiez-vous attendus?" "Humm..mais 8h monsieur, l'examen est à 8h30, on nous a dit d'arriver 30min plus tôt"........."Eh bien monsieur madame, il semble que vous n'ayiez pas été avertis, mais nous AVONS RECULÉ L'HEURE CE WEEK-END, IL EST SEULEMENT 7H05 DU MATIN!!!" DAAAAAAAAAAAAAH!!!!

Ce qui veut dire qu'on s'est levés à CINQ HEURE du matin, on est partis à 6h, et là, avec un déficit d'une heure de sommeil, on avait une heure à perdre avant de pouvoir commencer nos tests... AAAH!!! Évidemment, on a pas la télé ici, on n'écoute pas la radio, et le site de nouvelles que je consulte le plus souvent est cyberpresse....puisque VOUS changez l'heure une semaine plus tard que nous....BEN ON LE SAVAIT PAS!!!!

La journée commençait mal, et s'annonçait plutôt ardue pour nos petits méninges endormis et légèrement endoloris....
Premier examen: Examen de recrutement des diplômés, 8h30.
Il est à noter que le terme joliement tourné dissimule une réalité bien plus effrayante: un vrai test de QI. 55 questions à choix multiples (noircir les cases...arg ça me rappelle mon secondaire!), 90 minutes top chrono pour y répondre.
Au menu: association de mots (espérer - crainte, haine - sourire, persévérance - espérer, sourire - larme, haine - crainte...facile, HEIN?), évolution de formes géométriques (losange noir + ligne diagonale avec un ptit bout de demi-cercle au bout, donne losange blanc avec ptit bout de triangle au bout, le tout viré à 90degrés....donc rectangle carrelé jaune et vert avec une limette à l'intérieur, ça donne dans la case d'après...??(ok ça c'était une exagération, mais pas loin tout de même!)), suite de nombre (2,4,8,21,37,...? arf il y en avait de tellement difficiles!!) et le pire, les formules... ils vous énoncent un problème pendant 10 lignes (genre dans les plus faciles: Marie fait 6 rapports en 2 jours, Paul prend 1/3 plus de temps pour le même nombre de rapport. À eux deux, combien leur faudra-t-il de temps pour faire 22 rapports? TROUVEZ LA FORMULE CORRESPONDANTE: 22x[1/3(6/2)+(6/2)], 1/3+[22x(2/6)], (6/2)+(6/2)x1/3, etc...). Ils veulent pas la réponse, ils veulent la formule, et c'est bien pire!!

(Voir la pratique de ce test, que j'avais réussi haut la main avec un résultat de 33 bonnes réponses sur 40 questions, 82%, alors qu'ils ne demandaient qu'une note de passage de 60 (Guillaume a eu un résultat similaire...on était sûrs de passer ça (presque) les doigts dans le nez!):
http://www.psc-cfp.gc.ca/ppc/grt_practice_test_info_f.htm

Ce test-là nous a grillé les cellules du cerveau, j'vous jure... les questions du vrai test étaient beaucoup plus difficiles que celle du test de pratique, et elles deviennent de plus en plus dures à mesure que l'examen avance; conséquence, si vous prenez trop de temps pour les questions faciles, et que vous en sautez quelques unes....n'imaginez surtout pas que vous aurez le temps de terminer l'examen ou de revenir vérifier... pfff... On a répondu aux 10-15 dernières questions *totalement à l'aveuglette*, moi sans même commencer à lire les problèmes...Je me suis jetée sur les associations de mots, les seuls problèmes qui sont rapidement résolvables... mais pour les formules, rien à faire.

On est sortis de là en se désolant d'être aussi câncres, persuadés que nous venions de rater notre carrière dans la fonction publique...

Mais ce n'était pas terminé!
30min plus tard, examen de jugement situationnel (http://www.psc-cfp.gc.ca/ppc/sjt_317_f.htm). Là, ce qu'ils testent, c'est votre capacité à bien travailler en équipe, et à gérer les problèmes qui surviennent en milieu de travail. Pour chaque situation, 5 choix de réponses, parmi lesquels il faut dire laquelle est la plus efficace façon de réagir, et la moins efficace. Après 50 mises en situation, je commençais à pomper contre les maudits employés qui faisaient du trouble dans les travaux d'équipe....*hahaha*. DEHORS! OUSTE DE L'ÉQUIPE! Maaaais non, il faut dire "Gentils gentils, nous organisons une réunion d'équipe pour réévaluer les fonctions et les tâches de chacun", la réaction la moins efficace étant "je demande à mon collègue qui n'a pas remis sa partie pourquoi il m'a effrontément menti en disant que c'était "presque prêt" et je fomente un complot avec les autres pour l'éjecter de l'équipe", *genre*.

Un dîner plus tard dans le café "L'apostrophe", très frenchy, où les sandwichs ont tous des noms de villes françaises (Lyon, Paris, Chambord...ah, la France!) mais où il faut commander son sandwich en disant "Cawwwcawwssonnn'" pour avoir le hummus-roquette-noix de pin grillés Carcassonne et que les Britishs au comptoir nous comprennent (scandaleux), on était de retour pour le dernier examen, de loin le plus facile, celui de la "compétence en communication écrite"(http://www.psc-cfp.gc.ca/ppc/ppc_wcpt_f.htm). Mais je vous jure, parfois, on était insultés parce que ce n'était pas toujours mal formulé pour nous tester....les textes qu'on devait lire (et parfois reformuler ou corriger) étaient écrits par des Anglais, c'est presque sûr... Vraiment enrageant, quand on pense qu'ils essaient de ménager notre petit francophone sensible, nous flattant dans le sens du poil en lisant les instructions de l'examen en FRANÇAIS (pénible, pééééénible!!), mais qu'ils sont pas capables d'écrire leurs foutus examens de compréhension de texte dans un français correct!

Voilà, c'était ma montée de lait.
À la fin du dernier examen, j'ai fait ma têteuse, comme toujours quand vient le temps d'imaginer qu'un jour, je pourrais faire la formidable et épanouissante carrière de fonctionnaire du Canada. J'ai retâté le terrain, j'ai mis dans ma poche le nom de la 2e fille qui s'occupe du recrutement (n'ayant jamais plus entendu parlé de la première), et je compte bien lui signifier que j'existe dans les plus brefs délais. Entre-temps, je dois m'habituer, comme me l'a fait remarquer Guillaume (je suis tellement désespérée que je m'en rends plus compte) à arrêter de dire "ah non mais vraiment, je prendrais n'importe quoi...non non, mais n'importe quoi..vous savez, N'I-M-P-O-R-T-E--Q-U-O-I".
Ça fait effectivement un peu pathétique, et surtout, désespérée, alors que voyons, tout le monde sait que j'ai un potentiel phénoménal, les jobs pleuvent, j'ai un quotient intellectuel (selon facebook...*hum*) de 142 (est-ce que je peux remplacer mon résultat du test de ce matin par celui de facebook????), bref, je suis une employée géniale, venez me supplier de travailler pour le gouvernement, allez!

En attendant, j'ai une entrevue demain après-midi....
Ça a pas l'air d'être la job du siècle (réceptionniste / vendeuse de portes et fenêtres si j'ai bien compris...mais j'suis pas sûre), mais ça paye décemment, je vous en redonne des nouvelles!!!

dimanche 28 octobre 2007

Chercher du travail à Londres...

Maintenant installés, et Guillaume qui a commencé à travailler, je dois me mettre moi aussi à la recherche d'un emploi...

Vous le savez, je suis diplômée (du moins, j'ai le diplôme du bacc encadré dans ma chambre, mais j'attends toujours celui de la maîtrise...*soupir* c'est long corriger 175 pages) d'Histoire. J'ai toujours su que ce serait un peu plus difficile se trouver un emploi avec des études en Histoire qu'en ayant étudié en Marketing au HEC, disons. Mais j'ai décidé de suivre mes passions, et j'ai pu voir, cet été, qu'à Montréal ce ne serait pas facile d'avoir un emploi épanouissant pour mon cerveau et réconfortant pour mon porte-feuilles à la fois.

Et bien à Londres, on dirait bien que c'est pire.

Récit-choc de mes désillusions londoniennes: (encore du remâché pour certains, ne vous découragez pas de venir sur mon blog, les prochains billets seront du tout nouveau tout frais!)

En une semaine, j'ai envoyé plus de 200 cvs par courriel... En une fin de semaine, 75....et le lundi... deux appels. Deux minuscules appels, pour 75 cvs... ARG! Là-dessus, il y a une 'agence' de placement pour professeurs, qui m'a demandé, super enthousiaste, de leur envoyer mon cv et de m'inscrire sur leur site web....pour réaliser, une fois sur leur site...que le SEUL, le SEUL ET UNIQUE emploi disponible, pour un site qui dit couvrir les jobs d'enseignement à travers LA TERRE ENTIÈRE... c'est un poste de prof d'art dramatique. Oui, d'art dramatique. Je m'en vais leur apprendre à pleurer de découragement, moi! Donc bref...fausse alerte.

Un peu plus encourageant cette fois, une agence que m'a recommandé les Polonais ici... c'est pour du travail de bureau, mais hey, c'est pas si mal...j'ai désespéré de trouver un boulot épanouissant dans un musée ou comme prof...ah ça veut pas dire que je continue pas d'appliquer... mais en attendant, faut que je renfloue mon compte en banque, alors... J'ai eu une entrevue, je leur ai prouvé que je tape vite au clavier (en anglais c'est un peu plus lent qu'en français, que 70 mots/minute, quelle honte!). C'est tout de même mieux que la moyenne... ils m'ont fait signé un contrat où ils me garantissent un merveilleux 7,50 livres/heure, en espérant pouvoir miser sur ma vitesse de dactylo pour me trouver un emploi épanouissant et mieux payé (!!!) que la moyenne. Wow, génial, enfin une aptitude supérieure aux exigences londoniennes!!

Bon j'ai l'air un peu 'aigrie', comme ça... C'est que toutes les réponses que j'ai reçu jusqu'à date par courriel sont négatives, c'est un peu décourageant...mais je ne lâcherai pas pour autant, c'est moi qui les aurai à l'usure, pas l'inverse!! Guillaume et moi on a un r-v le 29 octobre à l'ambassade du Canada, pour les examens de la fonction publique...évidemment, comme toute chose à la fonction publique, les résultats sont extrêmements longs à sortir.... je pensais (j'en croyais pas mes yeux) qu'ils sortiraient en mars 2008...finalement, il paraît que ça prend 6 semaines (ah ah les coquins, ils veulent qu'on soit soudainement surpris par leur rapidité!!)... D'ici là, ce sera Noël... puis les vacances de janvier....ah bah oui. Qui sait, peut-être qu'on m'acceptera enfin en février au poste d'officier des frontières (ou de l'immigration? Je me rappelle même plus du poste pour lequel j'ai appliqué...bah, peu importe, tant que je peux écrire sur mon cv 'GOUVERNEMENT DU CANADA', je peux bien passer la moppe s'il le faut)..

Je suis allée à une journée-carrière jeudi dernier à l'hôtel de ville de notre banlieue... Après 30min là, je savais déjà que je perdais mon temps... Police, pompiers, armée, supermarché du coin, compagnie d'assurance bidon où il faut aller soi-même chez les clients vendre nos produits... et plusieurs écoles pour nous proposer, à nous chercheurs d'emploi, de poursuivre notre formation pour nous donner davantage de chances de trouver! Non, merci, ça va, assez pour moi, si avec une maîtrise je trouve pas, j'irai pas encore réchauffer les bancs d'école pour le fun! Bref le seul employeur intéressant était le métro de Londres, qui était là pour les 16-19 ans... Tsé juste pour vous dire, quand je dis aux gens des kiosques que j'ai une maîtrise, ils me regardent avec compassion, presque, en me disant 'ouais, évidemment, on a rien pour toi ici'. Sauf le métro..qui m'a dit d'appliquer, que le métro cherchait spécifiquement des 'Graduates' dans les prochaines semaines... Je suis allée sur le site en sortant de là-bas, et idéalement, il aurait fallu que j'aie un diplôme en finances, en logistique du transport ou en marketing... Il me restait l'environnement, auquel j'ai appliqué... Je sème, je sème...j'ai hâte de récolter...

L'agence de travail de bureau m'a rappelé cette semaine... Il était 9h10, Guillaume est en congé pour la semaine alors on dormait encore, pour une fois... Ils me disent 'bonjour, c'est pour un travail débutant aujourd'hui, à 10h... réceptionniste.. (ah, bah, pourquoi pas, en attendant!). Jusqu'au 9 novembre (mouais, ça sera pas long que je vais devoir trouver autre chose...). 7 livres de l'heure, à 30min de bus de chez vous.' Là les brumes de mon cerveau commencent à se tasser, je dis, sans vouloir faire la capricieuse 'vous m'aviez pas écrit *sur mon contrat* que ça ne pouvait pas descendre plus bas que 7,50?' 'Oui, mais vous comprenez, on pensait pouvoir miser sur vos 'typing skills' pour vous avoir un meilleur salaire, mais réceptionniste, ça ne fait que du 'front desk', accueillir les clients, c'est tout... donc c'est 7.00.' Grrr.. Et là, probablement inconsciemment et dû à ma déception, j'ai dit 'Et si je dois m'absenter lundi prochain le 29 pour aller à l'ambassade du Canada, est-ce que ça pose problème?' Elle a dit que oui, puisque c'était un contrat à aussi court terme (à qui le dis-tu), ils ne pouvaient se permettre d'envoyer qqun qui savait déjà qu'il devait s'absenter... mais que ce n'était pas grave, elle me rappellerait lundi prochain (elle a rien compris) pour m'offrir d'autres postes.

Après avoir raccroché...je me suis senti affreusement coupable. Je venais de refuser un emploi, moi qui chiale depuis un mois que personne ne m'en offre. Puis j'ai fait le calcul, 7/h de 10h à 5h30, ça fait même pas 45 pounds/jour après avoir enlevé le dîner. Donc moins de 250 par semaine. Donc 1000 par mois, le même salaire que Guillaume, à travailler 40h/semaine. Ça fait 12 000 par année, ça. 12 000! C'est dans les plus bas salaires que j'ai vu depuis que je cherche. Et cette agence n'a que ça à proposer, j'ai vu leurs offres d'emplois. Néanmoins... 250 x 3 semaines, ça aurait quand même fait 750 pounds... Ça aurait vraiment fait du bien. Bref, tout ça pour dire, après avoir refuser une job merdique, je suis rongée de remords.

Ah et c'est pas tout! Mais non, parce que je ne fais que ça de mes SEMAINES, chercher des emplois, j'ai cherché plus que ça! Je me suis fait rappelé par une autre agence, ça m'a pris 1h15 juste me rendre là en transport en commun, et rendue là j'ai appris que tous les jobs de cette agence était dans les environs... plus proche de 15min, plus loin de 15min... *soupir*. Pas grave. Encore là, beaucoup, beaucoup de jobs à 12-13 000 par année. Le gars les skippait pour moi, ce qui me rassurait un peu... Je ne suis pas la seule qui espère qu'avec une maîtrise je suis capable de gagner plus qu'un salaire miteux qui ne demande même pas d'avoir un secondaire 5. Il y avait quelques jobs relativement intéressantes, une qui demandait un vendeur pour des comptoirs de cuisine et de salle de bain...eh he, c'est ce que j'ai fait pendant 4 ans chez Sears, je gagnerais avec plaisir 25 000 pounds pour faire ça!

Après être allée à cette agence, je me suis dirigée vers les bureaux d'une autre agence, celle-là spécialisée dans les candidats qui maîtrisent une deuxième langue...tous les emplois qu'ils affichent sont assez intéressants, et mettent un de mes (rares) points forts ici: le FRANÇAIS (les autres points forts ne semblant pas être très considérés...). Après avoir appliqué à plusieurs de leurs emplois sans réponse concluante, j'ai décidé d'aller les voirs en personne, comme pour les autres agences... Donc après la première agence (1h15 de transport, 2,50 pounds l'aller), je me rends à celle-ci... Ça me prend un bout la trouver, la porte n'est pas bien indiquée, par chance j'avais pris l'adresse exacte. Finalement, elle est verrouillée, je pèse sur le bouton du bureau (on se croirait dans des bureaux secrets, ya le nom de l'agence tapé à la dactylo sur un petit bouton), et je me présente à la réceptionniste, qui semble avoir un *fort* accent français. Je lui explique en anglais pourquoi je viens, elle me demande si j'ai un r-v... Je dis non, mais j'espérais les voir pour discuter de leurs opportunités d'emploi...je lui demande en même temps 'Vous parlez français?' sans qu'elle daigne me répondre, et elle continue en anglais en m'expliquant que je dois avoir un r-v, et pour avoir un r-v, je dois envoyer mon cv pour un emploi affiché sur leur site. Je lui dis que c'est déjà fait, elle dit d'attendre entre 5-7 jours, et qu'ils me contacteront s'ils sont intéressés pour prendre un r-v... %(*$(!*%

(La journée était pas terminée, j'ai visité le quartier Soho ensuite, mélange de 'Red Light' et de Quartier étudiant chic... tout dépendant d'à quel point on s'enfonce dans le quartier...humm...Puis je suis rentrée à l'appart, 1h de transport et 2,50pounds, puis on est allés rejoindre les assistants d'enseignement pour prendre une bière à 6h30 (2,50), qui n'étaient pas là, alors on s'est fait passé un lapin..mais on a mangé les meilleurs nachos de ma vie et un bon souper dans un pub, et on a bu dans...3 pubs différents, Guillaume et moi...*hahaha* On était encore juste les deux, mais on est revenus pompettes et joyeux (2 pounds le retour, 12 pounds, 24$ de transport en une journée, juste pour du métro!).)

Je ne sais pas si vous voyez le vilain cercle vicieux dans lequel je suis plongée... J'envoie mon cv sans cesse, mais je sens que si je pouvais me vendre en personne j'aurais peut-être une petite chance de plus..Mais quand j'essaie de me présenter en personne, on me revire de bord... Pareil quand j'étais allée dans 2 musées un après-midi....les 2 fois on m'a dit d'aller appliquer par internet, ils ne voulaient même pas prendre mon cv même si je leur tendais à bout de bras... DAAAH!

La 2e agence (celle des comptoirs) m'a rappelé hier matin pour me dire parler d'une job, j'avoue que j'ai pas compris le titre du poste (ça doit être du travail de bureau)...il m'a dit, 8h à 5h (si je dois être là à 8h et que c'est à 15min de son bureau, donc à 1h30 d'ici, et que je suis à 15min de marche du métro..wouhou! Mais hey, il faut ce qu'il faut), 25 000/année, donc déjà plus dans mes intérêts (ça les dépasse mon grand, vas-y!), il m'a demandé si je voulais qu'il postule pour moi... J'espère être rappelée, une petite entrevue, même si ça marche pas, ça me remonterait le moral un peu...

Mais le pire, c'est quand je suis allée à une AUTRE journée carrière spécialement pour les Gradués, cette fois-ci... Je me suis dit, hey, c'est PARFAIT, enfin des emplois motivants, et enfin je vais pouvoir les voir en face! Je vais enfin me vendre un peu... J'arrive là-bas, pas tout à fait convaincue que ça sert à quelque chose, mais déterminée à faire tout ce que je peux.... Je fais le tour des kiosques... je sais pas par quel bout commencer. La plupart des compagnies, je ne les connais pas... Au Qc, je sais ce que fait IGA, Brick, Pratt & Witney ou...vous voyez le genre. Là-bas, rien du tout. Alors je me présente aux kiosques en demandant quelles sont les opportunités d'emplois qu'ils offrent... (après réflexion, ce n'était peut-être pas la bonne façon se procéder...après m'être faite répondre plusieurs fois: Mais vous, que cherchez vous comme emploi? La réponse innacceptable étant 'N'importe quoi?'). Puis ils m'énumèrent, parfois, les opportunités. Les autres fois, ils me demandent ce que je cherche, et je dis...euh....communication, marketing, ressources humaines? (il n'y avait évidemment RIEN de culturel là-bas). On me dit..d'accord, quelles études avez-vous? Euh...maîtrise en histoire? Parfois, on me dit 'ok, on peut sûrement vous trouver qqchose...' et d'autres fois...'ah désolé...il nous faut qqun qui a des études en finances'...(ce qui arrivait souvent). S'ils étaient intéressés, on continuait, tout allait bien...jusqu'à ce que je dise 'j'ai un visa vacances-travail, est-ce que ça peut fonctionner?' *IIIIIIIIIIIIIIIINNNN* EXIT TANIA! Ah ben oui...vous saviez pas ein, vous non plus, que tous les employeurs intéressés par les gradués semblent leur faire signer des contrats de 2 ans, systématiquement? Ils donnent une formation béton, mais en échange, faut rester là 2 ans. Mais si mon visa ne me permet de travailler en Angleterre qu'un an, qu'est-ce qu'on fait? ON EST ÉLIMINÉ!!!

Alors qu'est-ce que j'ai commencé à faire après une quinzaine de kiosques? 'If I have a master degree in history, would it fit somehow in your company?' Réponses possibles: 'Aaah non désolé' / 'Of course, sure!!' Là je les arrêtais presque immédiatement: 'Ok, and if I have a working & holiday visa, is it ok? I am allowed to work for a whole year, but then I would need to be sponsorised to have a work permit'. (Me suis renseignée). Et là, merci bonsoir, c'était la fin de la plupart de mes conversations avec les 'kiosques' (à noter: les employeurs ne sont pas là...là aussi, ils ne font que parler de leurs entreprises, parfois, PARFOIS ils prennent nos cvs, mais la plupart du temps ils disent d'aller s'inscrire par internet sur leur site, pareil comme si je m'étais pas présentée à la journée carrière).

Je suis revenue complètement débinée... 2h passées à me faire refuser..même par Bombardier, VOUS IMAGINEZ? Quand même une compagnie de chez-soi veut pas de moi parce que je dois rester à leur emploi pendant 2 ans (hey, je peux continuer en revenant chez nous!) ici... Pire, j'ai failli me faire tuer sur le chemin du retour...je déconne pas là! J'étais presque rendue à la maison, il me restait 30-40 mètres à faire... je vois une bande de jeunes, 11-15 ans entrain de fumer en rond devant une bâtisse près d'ici...soudain ils se mettent tous à courrir en riant, mais comme s'ils avaient peur, et ils se cachent derrière les bâtiments environnant... je trouve ça un peu bizarre, je continue d'avancer.... 5 secondes après, un feu d'artifice cheapette (le genre qu'on achète dans les dépanneurs à la St-Jean) fuse à 10 mètres de moi, juste où j'étais 15 secondes avant. Sérieux... j'avais qu'une rue à traverser pour être enfin dans l'appart, mais je me suis cachée derrière un mur quelques secondes avant de traverser, parce qu'ils continuaient d'en envoyer... J'ai enfin compris pourquoi tous les soirs on entendant toujours 5-6 feux d'artifices exploser. On s'était dit en premier que c'était (excusez l'idée préconçue et saugrenue) que c'était les musulmans du coin qui envoyaient des feux à la tombée du jour pour fêter le ramadan (il doit être fini le ramadan en ce moment par contre non?). Finalement non, ce sont une gang de jeunes twits qui se procurent des feux d'artifices je ne sais comment et qui en envoient de manière totalement non-sécuritaire tous les soirs...

Bref... le désert de la recherche de travail n'est pas encore franchi... Je continue de me croiser les doigts!